Industrie pétrolière : La raffinerie de Kribi accélère, premiers essais annoncés avant fin 2026
Le projet de raffinerie porté par Cstar à Kribi entre dans une phase décisive. Les partenaires confirment une avance sur le calendrier initial, avec des essais techniques prévus dès cette année et une production progressive attendue dès décembre 2026.

En mission à Yaoundé, le président du consortium RCG, George Li, a confirmé devant la Société nationale des hydrocarbures une nette accélération du projet. Selon le nouveau planning, les études d’ingénierie FEED doivent être bouclées en juin 2026. Cette étape ouvrira la voie aux travaux lourds, tandis que les principaux équipements sont attendus sur site dès septembre. Il est question de lancer les essais techniques et mettre en service les installations avant la fin de l’année, avec un début de production programmé autour de Noël 2026.
Sur le terrain, l’activité s’intensifie. Depuis la pose de la première pierre à l’été 2025, la base vie est opérationnelle et des équipes d’ingénieurs travaillent en continu. Le complexe s’étend sur près de 250 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Kribi.
La raffinerie est conçue pour traiter 30 000 barils par jour à terme, accompagnée d’un terminal de stockage d’environ 250 000 m³, extensible à 300 000 m³. La construction est confiée à un groupement d’entreprises comprenant RCG Turnkey Solutions, Global Process Systems et Norinco International.
La mise en service anticipée d’une capacité initiale de 10 000 barils par jour devrait couvrir environ un cinquième des besoins nationaux en essence et en gasoil. Cette avancée intervient alors que l’unique raffinerie du pays, la Sonara, est hors service depuis 2019. Dans cette perspective, la direction du projet présente l’initiative comme un levier stratégique pour sécuriser l’approvisionnement et renforcer l’autonomie énergétique du Cameroun.
Les promoteurs estiment que la future raffinerie permettra d’économiser jusqu’à 400 milliards de FCFA par an sur les importations de carburants. À cela s’ajouteraient des recettes d’exportation évaluées à plus de 140 milliards de FCFA, notamment grâce aux carburants marins. Le chantier prévoit également la création d’environ 7 000 emplois, dont 2 000 directs. Le capital de Cstar est réparti entre Ariana Energy (49 %), Tradex S.A. (31 %) et la SNH (20 %).
À mesure que les délais se raccourcissent, la raffinerie de Kribi s’impose comme l’un des projets industriels les plus structurants du moment pour l’économie camerounaise, avec en ligne de mire une souveraineté énergétique longtemps attendue.



