A la UneConjoncture

Financement : Afreximbank muscle sa présence au Cameroun avec plus de 600 milliards

Entre appui budgétaire, ingénierie financière et soutien aux projets structurants, Afreximbank confirme son rôle de partenaire clé du Cameroun. En seulement deux exercices, la banque panafricaine a injecté plus de 600 milliards de FCFA dans l’économie nationale, à l’heure où les capitaux internationaux se font plus rares et plus chers.

Le Cameroun a trouvé en Afreximbank un allié de poids pour sécuriser ses ressources. Lors de la présentation du programme de financement de l’État pour 2026 à Douala, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a salué l’engagement de l’institution, soulignant qu’elle a mobilisé, depuis 2024, des facilités cumulées dépassant 600 milliards de FCFA. Parmi les opérations emblématiques figure un swap de devises ayant permis à l’État de lever 200 milliards de FCFA sur le marché monétaire de la BEAC en juin 2025. À cela s’ajoute une garantie ayant facilité la mobilisation de près de 159 milliards de FCFA auprès des banques locales. Une architecture financière qui a donné de l’oxygène au Trésor, tout en renforçant la crédibilité de la signature souveraine.

Au-delà du soutien budgétaire, Afreximbank a orienté une partie de ses financements vers des investissements productifs. Trois crédits, pour un total de 96 milliards de FCFA, ont ainsi été accordés au projet d’électrification de 200 localités par systèmes solaires photovoltaïques. Dans le secteur privé, la banque accompagne la maturation d’un projet d’usine de bitume à Kribi, évalué à plus de 160 milliards de FCFA. En jouant le rôle d’arrangeur financier, l’institution ne se contente pas d’apporter des fonds : elle fédère d’autres partenaires autour d’infrastructures jugées stratégiques pour la modernisation du réseau routier et la transformation industrielle.

La relation entre le Cameroun et Afreximbank est aussi politique et institutionnelle. Depuis septembre 2025, la banque est présidée par le Camerounais George Elombi, un symbole fort pour un pays déjà actionnaire de l’institution. La Caisse nationale de prévoyance sociale détient en outre une participation de catégorie B, ce qui lui garantit un siège au conseil d’administration. Cette présence dans les instances décisionnelles renforce l’influence camerounaise au sein d’un outil financier conçu pour stimuler le commerce et l’intégration économique africaine.

En filigrane, Afreximbank s’impose comme un chef d’orchestre discret mais décisif : elle soutient la trésorerie de l’État, aiguise la bancabilité des projets et trace des passerelles entre capitaux publics et privés. Pour le Cameroun, cette alliance financière ressemble à une boussole dans un paysage mondial devenu brumeux.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page