Pont de la Dibamba : Magil avance une solution clé en main de près de 59 milliards FCFA
À l’entrée Est de Douala, le chantier du second pont sur la Dibamba pourrait enfin sortir de l’ornière. Le groupe canadien Magil Construction propose de financer et de réaliser l’ouvrage via un montage EPC+F, évalué à près de 59 milliards FCFA.

Bloqué depuis plusieurs années faute de ressources, le projet du second pont sur la Dibamba connaît un regain d’intérêt. Reçue au ministère des Travaux publics, la délégation de Magil a soumis une proposition visant à mobiliser directement des partenaires financiers internationaux du groupe. Le principe est simple : l’entreprise assurerait à la fois la conception, l’exécution et le financement de l’ouvrage, dans un format « clés en main ». Cette approche ambitionne d’éviter au Trésor public de relancer des procédures de financement longues et incertaines, tout en accélérant le calendrier de mise en œuvre.
Initialement, le financement devait provenir de Standard Chartered Bank Londres, pour une enveloppe estimée à plus de 85 milliards FCFA. Mais la non-disponibilité des fonds a figé le projet depuis 2021. L’option défendue par Magil se veut une alternative pragmatique. Le ministère des Travaux publics, dirigé par Emmanuel Nganou Djoumessi, examine actuellement la compatibilité de cette offre avec les plafonds budgétaires des exercices 2026 et 2027.
Le pont actuel sur la Dibamba, âgé de plus de quatre décennies, supporte un trafic qui dépasse largement ses capacités initiales. Poids lourds, flux portuaires et circulation interurbaine mettent l’infrastructure à rude épreuve. Des travaux de réparation sont en cours après des vibrations signalées par des usagers, signes d’un vieillissement préoccupant. La construction d’un second pont est ainsi présentée comme une réponse structurelle, capable de soulager l’ouvrage existant et de sécuriser durablement le passage.
L’infrastructure s’inscrit dans l’aménagement de la pénétrante Est de Douala et vise à fluidifier la nationale N3 reliant Douala à Yaoundé, ainsi qu’à Kribi. Au-delà de la mobilité urbaine, l’enjeu est régional : ces routes constituent les artères des corridors Douala–N’Djamena et Douala–Bangui. Chaque année, des centaines de milliards de FCFA de marchandises y transitent, faisant de la Dibamba un point névralgique du commerce sous-régional.
Si la proposition de Magil est validée, le lancement des travaux pourrait intervenir après l’achèvement de la phase 2 de la pénétrante Est, attendue pour mi-2026. Le chantier du second pont apparaît ainsi comme un maillon essentiel d’une stratégie plus large de modernisation des accès à Douala. Reste à savoir si le montage financier proposé convaincra pleinement l’État. Entre urgence technique et contrainte budgétaire, la Dibamba se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, suspendue à une décision qui pourrait transformer durablement la porte Est de la capitale économique camerounaise.



