Développement : Le Cameroun et le HCR veulent faire des réfugiés des moteurs économiques locaux
Réunis à Yaoundé, le gouvernement camerounais et le HCR ont affiché leur volonté de dépasser l’urgence humanitaire pour bâtir une intégration productive des réfugiés et déplacés internes, en misant sur l’emploi, l’entrepreneuriat et l’identité légale.

Le 3 mars 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine OUSMANE MEY, a reçu Raouf MAZOU, Haut-Commissaire assistant chargé des Opérations au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Les échanges ont posé un cap clair : transformer la présence des réfugiés en levier de croissance et de cohésion sociale pour le Cameroun. Avec plus de 400 000 réfugiés et près d’un million de déplacés internes fin 2025, l’enjeu n’est plus seulement humanitaire. Il est économique et territorial.
Les deux parties plaident pour une participation active des réfugiés à la vie productive. Au menu : reconnaissance des compétences, accès au marché du travail et soutien à l’entrepreneuriat inclusif. L’objectif est de passer d’une logique d’assistance à une intégration durable capable de stimuler les économies régionales, notamment dans les zones d’accueil.
Un autre pilier a dominé les discussions : la documentation civile. Pour le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, l’identité légale conditionne l’accès aux services sociaux, la protection juridique et l’entrée formelle dans l’économie. Sans papiers, pas de droits ; sans droits, pas d’autonomie. La délivrance d’actes d’état civil apparaît ainsi comme un investissement stratégique contre la dépendance humanitaire.
Présent depuis les années 1960, le HCR a renforcé son action à partir des crises tchadiennes des années 1980. Sa Stratégie de transition 2022-2026 vise désormais l’autonomisation : intégration progressive des réfugiés dans les systèmes nationaux d’éducation et de santé, et facilitation de l’accès aux documents officiels pour favoriser l’emploi et l’initiative privée.
Pour Raouf Mazou, ces mesures ont une finalité simple et exigeante : offrir aux personnes déracinées les moyens de reconstruire leur vie avec dignité, tout en contribuant au développement local. En misant sur le travail, l’identité et l’entrepreneuriat, Yaoundé et le HCR cherchent à transformer une vulnérabilité en énergie productive.



