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Secteur des assurances : Éric Kouaghu Tchuisseu nommé secrétaire général de la CIMA, régulateur de 14 marchés africains

Le Camerounais Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu prendra officiellement les rênes du secrétariat général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) le 1er avril 2026. Cette nomination intervient dans un contexte marqué par les défis persistants de développement du marché de l’assurance dans les pays membres, où la pénétration reste parmi les plus faibles au monde.

Un nouveau visage va diriger le secrétariat général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), l’institution chargée d’encadrer et d’harmoniser la réglementation des assurances dans 14 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Le Camerounais Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu a été choisi pour occuper cette fonction stratégique. Sa nomination a été annoncée à Douala lors d’un échange avec les professionnels du secteur réunis au sein de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC). Il prendra officiellement ses fonctions le 1er avril 2026 au siège de l’organisation à Libreville, au Gabon, succédant à son compatriote Blaise Abel Ezo’o Engolo, en poste depuis 2021.

Avant d’accéder à cette responsabilité régionale, Éric Kouaghu Tchuisseu évoluait au sein de l’administration camerounaise, précisément à la direction nationale des assurances du ministère des Finances. Au fil de sa carrière, il a occupé plusieurs postes techniques, notamment chargé d’études assistant, puis chef de l’inspection des assurances et des affaires connexes. Ces fonctions l’ont placé au cœur du contrôle du marché et de l’application des règles prudentielles qui régissent les compagnies d’assurances. Cette expérience administrative et réglementaire constitue l’un des atouts majeurs de son profil pour diriger une institution dont la mission principale est de garantir la stabilité et la crédibilité du secteur.

La prise de fonction du nouveau secrétaire général intervient dans un contexte où la CIMA doit relever plusieurs défis structurels. Le premier concerne la faible pénétration de l’assurance dans les économies membres. Dans l’ensemble des pays de la zone CIMA, ce taux tournait autour de 1 % en 2022, un niveau très inférieur à celui observé dans d’autres régions du monde. À titre de comparaison, il atteignait 11,3 % en Afrique du Sud, près de 4 % au Maroc et plus de 6 % à l’échelle mondiale. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : méfiance d’une partie des populations envers les compagnies, faible diffusion des produits d’assurance, importance du secteur informel et insuffisance d’éducation financière.

Pour stimuler la croissance du secteur, les acteurs plaident pour l’activation de plusieurs pistes. Parmi elles figurent la digitalisation des services, le développement de la micro-assurance, l’extension de l’assurance agricole ou encore le renforcement des mécanismes d’assurance obligatoire. L’amélioration de la relation de confiance entre assureurs et assurés apparaît également comme une condition essentielle pour attirer de nouveaux clients. Créée le 10 juillet 1992 à Yaoundé, la CIMA supervise aujourd’hui un marché régional dont le chiffre d’affaires avoisinait 1 699 milliards de FCFA en 2022, en progression annuelle de plus de 12 %.

Cependant, la dynamique reste largement tirée par les compagnies opérant en Afrique de l’Ouest, qui concentrent l’essentiel des parts de marché, aussi bien dans la branche non-vie que dans l’assurance vie. Dans ce contexte, le mandat d’Éric Kouaghu Tchuisseu s’annonce déterminant pour consolider la régulation du secteur et accélérer l’expansion de l’assurance dans les économies de la zone CIMA.

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