Corridors transfrontaliers : Check-points illégaux et extorsion font le diktat en zone CEMAC
Le commerce transfrontalier fait face à divers défis en Afrique Centrale. Outre la multiplication des points de contrôles ; les coûts élevés aux frontières avoisinant les 75 000 à 125 000 FCFA pour des voyages en aller-retours sur les corridors Douala-N'djamena-Douala-Bangui, les tracasseries policières associé à l’insécurité ambiante… plombent les efforts d’une véritable intégration économique régionale. Autant de facteurs persistants qui nécessite un cadre d'action et la mise en œuvre d'un outil stratégique pour une meilleure gouvernance des corridors de la sous-région.

Après 16 enquêtes trimestrielles sur les principaux corridors ; 02 sur l’enceinte portuaire de Douala ; 01 à Kribi ; 07 ateliers nationaux et 03 régionaux. L’Observatoire régional des pratiques anormales sur les principaux corridors de l’Afrique Centrale (OPA-AC) constitue désormais une boussole pour améliorer la gestion des corridors de transport en Afrique Centrale ; mesurer les délais et les coûts illicites de transport ; identifier d’autres pratiques anormales ; produire des données pour la décision publique et appuyer la facilitation des échanges dans la zone Cemac.
Des coûts toujours très élevés
En étudiant l’animation du transit sur les corridors Douala-N’djamena long de 1934 km via Touboro; Douala-Bangui, linéaire de 1435 km. L’Observatoire révèle une série de pratiques anormales. D’une part, l’on note la multiplicité de contrôles routiers dont la moyenne varie de 12 à 18 pour les voyages en aller, 08 à 14 pour les voyages retours ; des heures de contrôle qui s’éternisent entre 0,4 et 2 heures pour l’aller, 0,2 et 0,8 heures pour le retour. D’autre part, les données compilées dévoilent une durée moyenne des principales étapes logistiques qui se situe entre 03 et 07 jours. À côté des éléments précédents, l’OPAC-AC met en lumière des coûts illicites qui vont de plus de 50 000 FCFA à plus de 100 000 FCFA ; une durée de transit assez longue, laquelle se situe à 18 jours pour le corridor Douala-N’djamena et à 16,5 jours pour l’axe Douala-Bangui.
Un contexte qui s’améliore progressivement
Malgré un coût total du transit qui affiche plus de 160 000 FCFA pour le corridor Douala-N’djamena et plus de 230 000 FCFA pour Douala-Bangui. Des avancées ont été enregistrées tant au niveau de la place portuaire de Douala, qu’au niveau des principaux corridors. Au port de Douala par exemple, il ressort une amélioration des plates-formes numériques avec un niveau de dématérialisation pour les banques évaluée à 73%, une fluidification dans le traitement des dossiers et une amélioration notable des délais au niveau du Terminal à conteneurs.
Quant aux avancées sur les corridors, le Cameroun marque des points positifs avec le démantèlement des check-points. Si côté en République Centrafricaine, les autorités ont davantage amélioré la sécurité de son corridor, réduit la durée de la traversée, amélioré l’état des véhicules, renforcé le dialogue public-privé. Au Tchad, la surveillance régulière fait son bon chemin. Bien que ces actions soient salutaires, les paiements informels, les lenteurs administratives, une coordination institutionnelle insuffisante, des contraintes techniques et logistiques continuent de mettre en péril la coopération régionale.
Ce qu’il faut pour une Afrique Centrale intégrée
Dans un contexte de compétitivité à l’échelle régionale et mondiale, priorité doit être donnée à la lutte contre les pratiques anormales. Pour cela, l’Observatoire régional des pratiques anormales sur les principaux corridors de l’Afrique Centrale recommande une série de mesures. Il s’agit notamment de maintenir les actions gouvernementales pour la réduction des postes de contrôle ; améliorer la sécurité sur les axes ; accélérer la dématérialisation et renforcer la transparence des procédures. Au-delà de revaloriser les salaires des chauffeurs professionnels, tout en soutenant la formation des conducteurs de camions. L’Observatoire recommande aussi de rendre effectif les descentes de la Brigarde Mixte-Cemac sur le terrain ; de renforcer la lutte contre la corruption notamment dans les secteurs techniques encore vulnérables ; d’acquérir suffisamment des balises GPS pour optimiser les dispositifs logistiques …



