Maghreb : Après plusieurs années de sécheresse, le Maroc anticipe un rebond agricole de 15 % en 2026
Porté par le retour des pluies et par les mesures de soutien de l’État aux agriculteurs, le secteur agricole marocain devrait connaître une nette reprise en 2026. Le gouvernement table sur une croissance d’environ 15 %, après une longue période marquée par la sécheresse et la baisse de la production.

Après plusieurs campagnes agricoles difficiles, les perspectives s’améliorent pour l’agriculture marocaine. Le Premier ministre Aziz Akhannouch a indiqué, à l’issue d’un Conseil de gouvernement tenu le 12 mars, que le secteur pourrait enregistrer une croissance d’environ 15 % en 2026. Cette embellie s’explique en grande partie par l’amélioration des conditions climatiques. Entre le 1er septembre 2025 et le 11 mars 2026, le Royaume a enregistré environ 462 millimètres de précipitations. Ce niveau représente une hausse significative par rapport à la campagne précédente et dépasse également la moyenne observée sur les trois dernières décennies. Ces pluies marquent une rupture avec le cycle de sécheresse qui a affecté le pays durant près de sept ans, provoquant d’importantes pertes agricoles et la disparition d’environ un million d’emplois dans les zones rurales.
Les autorités observent déjà des signes de reprise dans les principales cultures. Selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, les superficies consacrées aux céréales – blé dur, blé tendre et orge – atteignent désormais près de 3,9 millions d’hectares, soit une progression de près de la moitié par rapport à l’année précédente. Les cultures sucrières suivent également cette tendance. Les surfaces dédiées à la betterave et à la canne à sucre ont augmenté d’environ 21 %, pour atteindre 44 000 hectares. Toutefois, certaines zones agricoles ont subi des inondations récentes, touchant près de 11 000 hectares dans le nord et l’ouest du pays.
Au-delà de la météo favorable, l’État marocain poursuit un ensemble de mesures pour soutenir les exploitants agricoles. Les aides directes aux agriculteurs et les subventions destinées à l’orge fourragère visent notamment à soutenir l’élevage. La sécheresse prolongée a en effet fortement réduit le cheptel national. Les données officielles indiquent que près de 38 % des bovins et ovins ont disparu depuis 2016, conséquence de la dégradation des pâturages et de l’augmentation du coût de l’alimentation animale.
Selon les projections du Haut-Commissariat au Plan, la récolte de céréales pour la campagne 2025-2026 pourrait dépasser 8 millions de tonnes. Ce volume représenterait une hausse d’environ 80 % par rapport à la campagne précédente, estimée à 4,4 millions de tonnes. Si ces prévisions se confirment, il s’agirait de la meilleure performance depuis la saison 2020-2021, lorsque la production avait atteint plus de 10 millions de tonnes.
Une campagne agricole favorable pourrait également réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires. En 2024, les achats de céréales à l’étranger avaient coûté près de 27 milliards de dirhams au Maroc, représentant une part importante de sa facture alimentaire. Pilier de l’économie nationale, l’agriculture contribue à environ 10 % du produit intérieur brut et fait vivre plus d’un tiers de la population active du pays. Dans ce contexte, la reprise attendue du secteur constitue un signal encourageant pour l’économie marocaine après plusieurs années marquées par les effets du changement climatique.



