Importations pétrolières : Sept opérateurs sanctionnés pour manquements financiers
Les autorités camerounaises serrent la vis dans le secteur aval pétrolier. Sept sociétés importatrices sont temporairement écartées du circuit d’approvisionnement pour non-respect de leurs obligations financières, dans un contexte de contrôle renforcé des mécanismes de compensation et de soutien à la raffinerie nationale.

Le dispositif d’approvisionnement en carburants au Cameroun connaît un coup d’arrêt ciblé. Par une instruction officielle datée du 12 mars, la plateforme chargée de valider les écarts financiers dans le secteur pétrolier a demandé à la Société nationale de raffinage de ne plus réceptionner les cargaisons liées à sept importateurs. Parmi eux figurent Neptune Oil, Bocom Petroleum ou encore Gulfcam. Cette mesure revient, de fait, à bloquer l’accès au principal point d’entrée des produits pétroliers pour ces opérateurs, tant que leur situation administrative et financière ne sera pas régularisée.
Le différend repose sur un mécanisme bien connu du secteur. Les importateurs déclarent les coûts réels de leurs cargaisons, qui incluent achat, transport et charges annexes. Lorsque ces coûts dépassent le prix fixé localement, l’État compense la différence. À l’inverse, si les coûts sont inférieurs, les marges supplémentaires réalisées doivent être reversées au Trésor public. Or, selon des sources proches du dossier, plusieurs entreprises visées n’auraient ni validé ces écarts financiers ni reversé les montants dus. En l’absence de compensations en leur faveur, elles apparaissent ainsi comme débitrices vis-à-vis de l’État.
Un autre point de friction concerne le prélèvement destiné à soutenir la raffinerie nationale. Depuis l’arrêt de ses activités après l’incendie de 2019, une contribution spécifique est appliquée sur chaque litre de carburant vendu. Ce mécanisme a permis de mobiliser plusieurs centaines de milliards de FCFA pour réduire l’endettement de l’entreprise publique. Toutefois, les autorités reprochent à certains importateurs de ne pas avoir reversé intégralement les sommes collectées auprès des consommateurs.
En suspendant les opérations de ces opérateurs, les autorités envoient un message sans ambiguïté : la discipline financière devient non négociable dans un secteur où l’État intervient massivement pour stabiliser les prix. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser les finances publiques et à garantir la transparence du système de compensation. Elle pourrait également redessiner les rapports de force entre les acteurs du marché.
Si la mesure est claire, certaines zones d’ombre subsistent. Les montants exacts réclamés aux entreprises n’ont pas été communiqués, pas plus que l’état d’avancement d’éventuelles négociations pour une régularisation. Dans un marché aussi sensible que celui des carburants, la rapidité avec laquelle ces opérateurs se conformeront aux exigences pourrait influencer la stabilité de l’approvisionnement national dans les semaines à venir.



