Quai Boscam : Le PAD engage plus de 126 milliards FCFA pour refaçonner le terminal régional de Douala
Le Port autonome de Douala (PAD) et Société Terre-Port S.A. ont officialisé, le 10 avril 2026, un partenariat public-privé majeur consacré à la rénovation du Quai Boscam, au Port de Douala-Bonabéri. Pensé sur 30 ans, ce projet ambitionne de transformer le terminal régional en plateforme logistique de référence en Afrique centrale, avec à la clé de nouveaux espaces, une extension des quais et plusieurs centaines d’emplois attendus.

Le Port de Douala-Bonabéri ouvre un nouveau chapitre de sa modernisation. À travers une convention signée à Douala entre le PAD et Société Terre-Port S.A., l’infrastructure portuaire la plus stratégique du Cameroun lance un vaste chantier de remise à niveau du terminal régional, communément appelé Quai Boscam. Bien plus qu’une opération de réhabilitation classique, l’initiative s’inscrit dans une logique de repositionnement compétitif du port face aux mutations du commerce sous-régional. L’objectif affiché est clair : renforcer les capacités de traitement des marchandises, fluidifier les opérations logistiques et conforter la place de Douala comme porte d’entrée naturelle des pays de l’hinterland.
Le partenariat repose sur un schéma financier particulièrement ambitieux. Le socle initial du projet mobilise près de 89,65 milliards de FCFA, destinés à la modernisation complète du site existant et à la mise à niveau des équipements. À cette première enveloppe pourrait s’ajouter une tranche complémentaire estimée à 36,683 milliards de FCFA, liée à des aménagements additionnels prévus dans la phase optionnelle du contrat. Si cette seconde étape est activée, le volume total des engagements dépasserait 126 milliards de FCFA. Au cœur du projet figure l’aménagement d’une plateforme logistique de 20 hectares, conçue pour améliorer le stockage, la circulation des flux et l’interconnexion avec les autres maillons de la chaîne portuaire.
L’un des volets les plus structurants du partenariat concerne l’extension des capacités d’accostage. Le contrat prévoit, dans sa composante optionnelle, la construction de 700 mètres additionnels de quai. Cette extension devrait permettre au port d’accueillir davantage de navires, dans de meilleures conditions opérationnelles, tout en réduisant les congestions qui pénalisent régulièrement la compétitivité de la place portuaire de Douala. Dans un environnement régional où les ports du golfe de Guinée accélèrent eux aussi leurs investissements, cette montée en puissance apparaît comme un levier stratégique pour préserver les parts de marché du Cameroun sur les corridors du Tchad et de la République centrafricaine.
Le modèle retenu est celui d’une concession de 30 ans, offrant une visibilité suffisante pour amortir les investissements et garantir la rentabilité du projet. Les projections financières tablent sur un taux de rendement interne de 12,20 %, un niveau jugé attractif pour les investisseurs privés. Pour le PAD, cette formule permet également de sécuriser des revenus durables, tout en s’appuyant sur l’expertise technique et la capacité de mobilisation financière du partenaire privé. Au-delà des performances économiques, les promoteurs mettent en avant une orientation vers des standards plus durables, avec l’ambition d’intégrer des solutions technologiques modernes et des pratiques respectueuses de l’environnement.
L’autre promesse du projet se situe sur le terrain socio-économique. Le chantier et l’exploitation future du terminal devraient générer près de 500 emplois directs et indirects, contribuant à dynamiser le marché du travail dans la capitale économique. Pour Douala, cette modernisation du Quai Boscam pourrait agir comme un véritable accélérateur d’activités connexes : transport, manutention, services logistiques, maintenance industrielle et formation spécialisée. À travers cette alliance avec Société Terre-Port S.A., le PAD confirme ainsi sa volonté de faire évoluer le Port de Douala-Bonabéri vers un statut de hub logistique moderne et compétitif, capable de soutenir l’ambition commerciale du Cameroun en Afrique centrale.


