Industrie agroalimentaire : Le Camerounais Fabrice Ndjodo en route pour reprendre le contrôle du géant du chocolat
Le groupe sud-africain Tiger Brands poursuit son retrait stratégique du capital de la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) en cédant sa participation majoritaire de 74,69 % à Minkama Capital, un fonds d’investissement panafricain porté par l’homme d’affaires camerounais Fabrice Ndjodo. Ce dossier a été au centre d’une audience accordée le 20 avril 2026 par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

Le ministère du Commerce a servi de cadre, ce lundi 20 avril 2026, à une rencontre de haut niveau autour de l’avenir de Chococam, l’un des principaux acteurs de l’industrie chocolatière camerounaise. Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a reçu en audience le Haut-Commissaire de Afrique du Sud au Cameroun, Mandla Langa, accompagné des dirigeants de Tiger Brands et de représentants de Minkama Capital.
Au cœur des échanges figurait la cession de la participation majoritaire de Tiger Brands dans Chococam. Officialisée depuis novembre 2025, cette opération prévoit le transfert de 74,69 % des parts détenues par le groupe sud-africain vers Minkama Capital, un fonds orienté vers les biens de grande consommation sur le continent africain. Cette reprise place désormais l’investisseur camerounais Fabrice Ndjodo au centre du futur développement de l’entreprise, avec l’ambition de consolider l’ancrage local de cette industrie emblématique.
Après dix-sept années de présence au Cameroun, Tiger Brands tourne progressivement une page importante de son histoire industrielle dans le pays. Le groupe aura participé à la structuration de la filière, au développement de l’outil de production ainsi qu’à la création d’emplois dans la chaîne de valeur du cacao. Pour le ministre du Commerce, cette évolution s’inscrit dans la logique de transformation structurelle de l’économie nationale impulsée par Paul Biya.
L’objectif reste le même : réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et renforcer la transformation locale. Le cacao, ressource stratégique pour le Cameroun, doit ainsi devenir davantage un levier industriel qu’un simple produit d’exportation. La montée en puissance d’un acteur à capitaux africains est perçue comme une étape importante dans cette dynamique de souveraineté économique.
La transaction n’est toutefois pas encore totalement bouclée. Plusieurs autorisations administratives et réglementaires restent nécessaires avant sa finalisation définitive. Parmi les étapes attendues figurent notamment l’approbation de la Commission de la concurrence de la CEMAC, les formalités liées au contrôle des changes ainsi que les quitus fiscaux concernant Chococam et Tiger Brands. La rencontre avec le ministre visait justement à harmoniser le calendrier de ces procédures et à garantir le respect du cadre légal national et sous-régional.
À l’issue de cette audience, les différentes parties affichent leur volonté d’assurer une transition sans rupture pour préserver les acquis industriels de Chococam. Tiger Brands estime que Minkama Capital dispose des leviers nécessaires pour accompagner l’entreprise dans une nouvelle phase de croissance. Pour les autorités camerounaises, cette opération dépasse le simple cadre d’un changement d’actionnariat. Elle symbolise aussi la volonté de mieux maîtriser les reconfigurations du capital des grandes entreprises installées sur le territoire national, tout en favorisant l’émergence de champions industriels africains capables de créer davantage de valeur localement.


