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Dépenses militaires : L’Afrique accélère sous l’effet des tensions régionales et des menaces sécuritaires

Les budgets de défense africains ont connu une progression marquée en 2025, atteignant 58,2 milliards de dollars. Entre rivalités géopolitiques en Afrique du Nord et montée des violences en zone subsaharienne, le continent redessine ses priorités sécuritaires.

L’Afrique a nettement accru ses dépenses militaires en 2025, selon les dernières données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute. Avec une hausse de 8,5 % sur un an, le total continental atteint désormais 58,2 milliards de dollars, confirmant une tendance de fond amorcée depuis près d’une décennie. Cette progression repose en grande partie sur l’Afrique du Nord, qui concentre à elle seule environ 60 % des dépenses.

L’Algérie domine largement le classement continental avec un budget de 25,4 milliards de dollars, en hausse de 11 %. Le Maroc suit avec 6,3 milliards de dollars, en progression de 6,6 %. À eux deux, ces pays représentent l’écrasante majorité des dépenses militaires de la sous-région. En toile de fond, les tensions persistantes autour du Sahara occidental continuent d’alimenter une rivalité stratégique entre Alger et Rabat, contribuant à une montée progressive des investissements militaires.

Au sud du Sahara, les dépenses atteignent 23,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 7,4 % par rapport à 2024. Cette évolution s’explique principalement par la dégradation du climat sécuritaire dans plusieurs pays. Le Nigeria illustre cette tendance avec une hausse spectaculaire de 55 % de son budget militaire, dans un contexte marqué par l’intensification des violences extrémistes. De son côté, la République démocratique du Congo a également renforcé ses moyens de défense, en lien avec les affrontements impliquant le groupe rebelle M23. À l’inverse, l’Afrique du Sud affiche une contraction de ses dépenses, confirmant des arbitrages budgétaires différents malgré un rôle régional majeur.

Certains pays présentent des évolutions atypiques. C’est le cas de la Somalie, dont les données consolidées permettent désormais une lecture plus précise. Si ses dépenses ont légèrement reculé en 2025, elles restent en forte hausse sur le long terme, traduisant les efforts engagés contre les groupes armés, notamment al-Shabab. Plus globalement, la montée des dépenses militaires sur le continent traduit une double réalité : d’une part, des rivalités interétatiques persistantes, et d’autre part, une intensification des menaces asymétriques.

À l’échelle internationale, les dépenses militaires poursuivent leur progression pour la onzième année consécutive, atteignant près de 2 900 milliards de dollars en 2025. Toutefois, le rythme de croissance ralentit, en raison notamment d’une contraction des dépenses américaines. Dans ce paysage global, les principales puissances concentrent toujours l’essentiel des budgets. L’Afrique, bien que marginale en volume, s’inscrit néanmoins dans une dynamique de renforcement de ses capacités de défense, révélatrice des enjeux sécuritaires croissants auxquels elle est confrontée.

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