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Banques africaines : La zone CFA s’impose comme le pilier discret de la rentabilité d’UBA

Longtemps éclipsées par les performances du Nigeria, les filiales de la zone franc du groupe United Bank for Africa révèlent en 2025 leur rôle central dans la création de valeur. Derrière la baisse globale du bénéfice, une recomposition stratégique silencieuse est à l’œuvre.

La lecture des résultats 2025 du groupe United Bank for Africa (UBA) pourrait prêter à confusion. À première vue, l’établissement nigérian enregistre une nette contraction de ses profits, avec un bénéfice net presque divisé par deux. En cause, la fin des effets favorables liés à la dépréciation du naira et une hausse significative du coût du risque. Mais ce diagnostic, largement partagé, ne raconte qu’une partie de l’histoire. Car en toile de fond, une dynamique plus structurelle s’affirme : celle des filiales implantées dans la zone franc. Moins exposées aux turbulences monétaires, elles apparaissent désormais comme le socle de la rentabilité du groupe.

Depuis plusieurs années, les entités d’UBA en Afrique de l’Ouest et centrale enregistrent une progression régulière de leurs performances. Déjà en 2020, elles contribuaient de manière significative aux résultats consolidés. Mais c’est surtout à partir de 2023, avec les bouleversements monétaires au Nigeria, que leur importance stratégique a commencé à émerger, malgré une visibilité temporairement réduite. En 2025, le constat est sans appel : les filiales de la zone CFA génèrent à elles seules l’essentiel du bénéfice du groupe. Cette évolution marque un tournant dans l’équilibre interne d’UBA, historiquement dominé par son marché domestique.

La décision des autorités nigérianes de libéraliser le taux de change en 2023 avait artificiellement dopé les résultats du groupe grâce à des gains de conversion. Ce phénomène avait relégué au second plan la progression pourtant soutenue des filiales africaines hors Nigeria. Avec la stabilisation progressive du contexte macroéconomique, les performances réelles refont surface. La zone CFA, moins sujette aux chocs de change, bénéficie d’un environnement plus prévisible, propice à une croissance organique durable.

Au sein de cet ensemble, la Côte d’Ivoire s’impose comme le principal relais de croissance. La filiale ivoirienne d’UBA affiche une expansion spectaculaire de ses résultats, portée par un marché dynamique et une clientèle d’entreprises en pleine expansion. Elle représente à elle seule une part considérable des profits réalisés dans la zone franc. Derrière ce leadership, d’autres marchés contribuent positivement, bien que de manière plus modérée. Certains pays maintiennent une trajectoire de croissance malgré des contextes sécuritaires ou politiques complexes, tandis que d’autres subissent les effets de tensions économiques internes.

Cette recomposition des sources de profit redessine en profondeur le modèle d’UBA. Le groupe, longtemps centré sur le Nigeria, s’appuie désormais sur une diversification géographique plus équilibrée. La zone CFA ne joue plus un rôle d’appoint. Elle devient un levier stratégique majeur, capable d’amortir les chocs et de soutenir la performance globale. Une évolution qui pourrait influencer durablement les orientations d’investissement du groupe sur le continent.

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