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Industrie agroalimentaire : Sosucam modernise son outil industriel et se positionne face à un marché sous pression

Avec la mise en service d’une nouvelle unité de production à Nkoteng, la Société sucrière du Cameroun renforce ses capacités et ajuste sa stratégie industrielle. Un investissement qui intervient dans un contexte de déficit structurel du marché local et de recomposition du secteur.

La Société sucrière du Cameroun poursuit sa transformation. L’entreprise a récemment lancé une unité moderne dédiée à la production de sucre en morceaux sur son site de Nkoteng, dans la région du Centre. D’un coût de 2,5 milliards de FCFA, entièrement financé sur fonds propres, cet équipement affiche une capacité de 100 tonnes par jour. Cette installation vient remplacer une infrastructure plus ancienne située à Mbandjock, devenue obsolète face aux standards techniques actuels. Au-delà du simple renouvellement, il s’agit pour l’industriel de franchir un cap en matière de qualité et d’efficacité, en optimisant ses procédés de fabrication et en diversifiant son offre.

À travers cet investissement, Sosucam entend conforter sa position sur un marché domestique en mutation. La demande évolue, tirée à la fois par les ménages et les industries agroalimentaires, tandis que la concurrence s’intensifie sur certains segments à plus forte valeur ajoutée. La stratégie adoptée repose sur un double levier : moderniser l’outil productif et mieux répondre aux attentes du marché local. En renforçant sa présence sur le segment du sucre transformé, l’entreprise cherche à capter une part plus importante de la consommation nationale.

L’initiative de Sosucam s’inscrit dans un mouvement plus large de réorganisation de la filière sucrière au Cameroun. D’autres acteurs multiplient également les investissements pour accroître leurs capacités. C’est notamment le cas de Wega Food, qui ambitionne d’atteindre une production quotidienne de 700 tonnes grâce à une extension en cours. Cette dynamique traduit une volonté collective de réduire la dépendance aux importations dans un marché structurellement déficitaire. Car malgré les efforts des industriels, l’offre locale reste insuffisante pour couvrir une demande estimée à près de 300 000 tonnes par an.

La production nationale, portée principalement par Sosucam, oscille entre 120 000 et 160 000 tonnes par an, bien en deçà des besoins. Ce déséquilibre oblige régulièrement les autorités à autoriser des importations pour stabiliser les prix et garantir l’approvisionnement. Dans ce contexte, l’augmentation des exportations de sucre en 2025 interpelle. Les volumes expédiés à l’étranger ont connu une forte progression, suscitant des interrogations sur la cohérence des flux commerciaux. Certains acteurs évoquent des réexportations vers des pays voisins, attirés par des prix plus avantageux.

À ces défis internes s’ajoute une pression externe croissante. Les producteurs camerounais doivent composer avec un marché mondial marqué par des politiques de soutien mises en place par de grands pays producteurs, qui contribuent à maintenir les prix à des niveaux bas. Face à cette situation, Sosucam plaide pour un cadre réglementaire stable, estimant qu’une ouverture excessive du marché pourrait fragiliser davantage la production locale. La question de l’équilibre entre protection et compétitivité reste ainsi au cœur des débats.

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