Énergies renouvelables : Solar Connect Africa 2026 veut faire de Yaoundé un carrefour régional du solaire
Du 11 au 13 novembre 2026, le Palais des Congrès de Yaoundé accueillera la deuxième édition de Solar Connect Africa. Plus qu’un salon d’exposition, le rendez-vous organisé par OL Power Tech SARL entend rapprocher fabricants, développeurs de projets, investisseurs, pouvoirs publics et utilisateurs autour d’un marché solaire africain encore largement sous-équipé. Avec plus de 100 exposants attendus sur près de 5 000 m², l’enjeu sera surtout de transformer le potentiel énergétique en projets et en contrats.

Le marché africain des énergies renouvelables change progressivement d’échelle. Derrière la progression des capacités photovoltaïques se trouve une équation simple mais difficile à résoudre : répondre à une demande électrique appelée à augmenter sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’industrialisation, alors que les réseaux restent insuffisamment développés dans de nombreuses zones. C’est dans ce contexte que Solar Connect Africa 2026 entend installer durablement le Cameroun dans l’agenda régional des professionnels du solaire et du stockage. Prévue du 11 au 13 novembre au Palais des Congrès de Yaoundé, la manifestation doit réunir plus de 1 500 participants, une centaine d’exposants et une vingtaine d’intervenants autour d’une dizaine de conférences et d’ateliers.
L’évolution du salon entre 2025 et 2026 traduit celle de l’industrie elle-même. Après une première édition organisée les 28 et 29 mai 2025, le rendez-vous passe à trois jours et élargit son périmètre à des segments qui deviennent déterminants pour l’économie énergétique africaine. Le stockage occupe notamment une place centrale. Batteries, onduleurs et solutions de gestion de l’énergie permettent de répondre à l’une des principales limites du photovoltaïque : son caractère intermittent. Pour les entreprises, les ménages, les collectivités ou les opérateurs de mini-réseaux, l’association production solaire-stockage peut ainsi constituer une alternative lorsque le réseau est défaillant ou inaccessible. À cela s’ajoutent les mini-réseaux, les systèmes solaires autonomes, le pompage solaire, l’éclairage public, le solaire thermique, la chaîne du froid et l’électromobilité. L’agrivoltaïsme fait également son entrée dans le programme. Cette diversification montre que le marché ne se construit plus uniquement autour de la production d’électricité, mais autour d’un écosystème de services énergétiques.
La question essentielle demeure toutefois celle du financement. La baisse progressive du coût des technologies solaires améliore leur compétitivité, mais les investissements initiaux restent élevés pour de nombreux ménages, PME, collectivités et promoteurs de projets. Solar Connect Africa veut donc rapprocher l’offre technologique des capitaux disponibles. Les rencontres B2B et B2G, les échanges avec les investisseurs et les institutions financières ainsi que les discussions consacrées aux mécanismes de financement doivent permettre de faire émerger des partenariats plus directement orientés vers la réalisation de projets. Cette dimension est stratégique pour le Cameroun. Le développement du solaire nécessite en effet des financements de long terme, des mécanismes de garantie et des modèles économiques capables de rendre les équipements accessibles aux utilisateurs tout en assurant une rentabilité suffisante aux opérateurs.
L’intérêt du rendez-vous dépasse les seuls fabricants internationaux. Les distributeurs, installateurs, intégrateurs, bureaux d’études et entreprises locales peuvent y trouver de nouveaux fournisseurs et de nouveaux débouchés. L’autoproduction solaire peut répondre à une problématique de maîtrise des charges énergétiques. Pour les exploitations agricoles, le pompage solaire et les solutions de conservation peuvent contribuer à réduire certains coûts d’exploitation. Dans les collectivités, l’éclairage public solaire et les systèmes autonomes peuvent également constituer des solutions pour les zones où l’extension du réseau demeure coûteuse. Le salon crée ainsi un espace où la demande énergétique peut rencontrer une offre technologique de plus en plus diversifiée. Cette mise en relation est d’autant plus importante que le développement du marché dépendra moins de la seule disponibilité des équipements que de la capacité à proposer des solutions adaptées aux capacités financières et aux usages locaux.
L’un des enjeux affichés de l’édition 2026 est également géographique. L’événement veut attirer des acteurs d’Afrique centrale et de l’Ouest et faire de Yaoundé une plateforme de rencontres pour les professionnels du secteur. Cette ambition s’inscrit dans un environnement régional où les besoins en infrastructures électriques restent considérables. La coopération entre fabricants, développeurs, collectivités, administrations et bailleurs peut favoriser la mutualisation des compétences et l’émergence de projets dépassant les frontières nationales. La présence annoncée de plusieurs départements ministériels camerounais, notamment le MINEE, le MINDDEVEL, le MINRESI, le MINT, le MINCOMMERCE et le MINEPAT, donne par ailleurs au salon une dimension institutionnelle. Elle traduit la volonté de connecter les enjeux énergétiques aux politiques d’investissement, d’aménagement du territoire, d’innovation et de développement industriel.
Le principal indicateur de réussite de Solar Connect Africa 2026 ne sera finalement pas le nombre de stands occupés, mais la capacité du rendez-vous à générer des opérations concrètes. Le programme de matchmaking, les démonstrations techniques et les rendez-vous entre exposants et prospects sont conçus dans cette perspective. Cette évolution est importante. La filière solaire ne pourra changer d’échelle que si elle parvient à structurer simultanément ses circuits d’approvisionnement, ses compétences techniques, ses mécanismes de financement et sa demande. En passant d’une première édition essentiellement inaugurale à une plateforme de trois jours davantage tournée vers les affaires, Solar Connect Africa cherche précisément à franchir ce cap. L’enjeu pour Yaoundé sera désormais de transformer cette vitrine technologique en véritable place de marché régionale, capable de faire émerger des investissements, des partenariats et des solutions énergétiques répondant aux réalités du continent.



