Tourisme : L’Afrique peine encore à s’imposer dans le classement mondial
La République de Maurice conserve sa première place en Afrique dans le développement de l’industrie touristique, malgré un recul au classement mondial. L’Afrique du Sud et l’Égypte complètent le trio de tête continental, tandis que le Maroc affiche la progression la plus spectaculaire. Aucun pays africain ne parvient toutefois à intégrer le Top 50 mondial de l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index du Forum économique mondial.

L’industrie touristique africaine reste confrontée à un déficit de compétitivité à l’échelle internationale. C’est ce que suggère l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index (TTDI), publiée le 25 septembre par le Forum économique mondial (WEF), en partenariat avec Zurich Insurance Group. Contrairement aux palmarès fondés sur les arrivées de touristes, les recettes ou les dépenses des visiteurs, cet indice mesure la capacité structurelle des pays à développer une industrie touristique durable et résiliente. Il s’intéresse ainsi à l’environnement dans lequel évoluent les acteurs du secteur, aux infrastructures disponibles, à l’attractivité des ressources touristiques ou encore aux conditions de durabilité. L’édition 2026 porte sur 110 économies et repose sur 102 indicateurs regroupés en 17 piliers. Ceux-ci couvrent notamment la sécurité, l’environnement réglementaire, les infrastructures, la connectivité aérienne, les services, les ressources naturelles et culturelles, l’ouverture aux visiteurs ainsi que les conditions environnementales.
Maurice conserve la couronne africaine
Avec une note de 4,07 points, Maurice occupe le 59e rang mondial. L’archipel reste ainsi la première destination africaine selon cet indicateur, même s’il perd trois places par rapport à l’édition 2024. L’Afrique du Sud se classe deuxième à l’échelle continentale, au 61e rang mondial, suivie de l’Égypte, 63e. Le Maroc arrive ensuite à la 70e position, devant la Tanzanie (74e), le Kenya (77e), la Tunisie (82e), le Botswana (84e) et l’Algérie (89e). La Namibie complète le Top 10 africain, à la 90e place mondiale.
Cette hiérarchie met en évidence le poids des économies disposant déjà d’une industrie touristique relativement structurée, mais aussi celui des pays capables de valoriser leurs ressources culturelles et naturelles tout en développant les infrastructures nécessaires à leur accessibilité.
Le Maroc accélère, le Botswana recule
L’évolution des positions entre 2024 et 2026 apporte un éclairage complémentaire. Sur les 23 pays africains couverts par l’indice, dix ont perdu du terrain, huit ont progressé et cinq ont conservé leur rang. Le Maroc se distingue par la progression la plus importante du continent, avec un gain de sept places. L’Algérie avance pour sa part de quatre rangs, tandis que le Nigeria progresse de trois places. À l’inverse, le Botswana connaît le recul le plus marqué, avec neuf places perdues. La Namibie cède sept rangs et la Tunisie quatre.
Ces évolutions ne traduisent toutefois pas directement une hausse ou une baisse des arrivées touristiques. Elles reflètent avant tout la modification de la capacité des économies évaluées à offrir un environnement favorable au développement du tourisme et des voyages.
L’Afrique reste absente du Top 50 mondial
À l’échelle internationale, le Japon occupe la première place du classement 2026, devant les États-Unis, l’Espagne, l’Australie et la France. Le contraste avec l’Afrique demeure important. Aucun pays du continent ne se retrouve parmi les 50 premières économies évaluées. Même Maurice, première puissance touristique africaine selon le TTDI, pointe au 59e rang.
Cette situation souligne les marges de progression du continent dans plusieurs domaines déterminants pour la compétitivité touristique : qualité des infrastructures, accessibilité aérienne, environnement des affaires, sécurité, services, gouvernance et développement durable. Le classement montre néanmoins une amélioration générale des conditions mondiales. Sur les 110 pays étudiés, 101 ont enregistré une progression de leur score entre 2024 et 2026. La moyenne mondiale a augmenté de 2,1 %, soit sa croissance la plus rapide depuis 2019.
Les infrastructures au cœur de la compétitivité
Selon le WEF, cette amélioration mondiale s’explique notamment par le renforcement des infrastructures et des services touristiques, l’amélioration des connexions aériennes, la valorisation des atouts culturels et la reprise plus vigoureuse du tourisme d’affaires. L’accès aux sites, la qualité des transports, les capacités d’hébergement, les services numériques, les moyens de paiement, les conditions d’entrée sur le territoire ou encore la gestion des ressources en eau participent également à l’attractivité d’une destination.
Le TTDI 2026 présente ainsi une photographie des fondations sur lesquelles les pays peuvent construire leur industrie touristique. Pour l’Afrique, les résultats montrent à la fois l’existence de pôles déjà bien positionnés et un important chantier de consolidation des conditions permettant au tourisme de devenir un moteur plus puissant de croissance et de développement économique.



