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Barrage de Kikot, autoroute Douala-Yaoundé, Sonara : Le Cameroun priorise la souveraineté infrastructurelle en 2027

Rationaliser la dépense, stimuler le patriotisme économique et livrer enfin les infrastructures. La circulaire n° 001 signée le 12 octobre 2026 par le Chef de l'État Paul Biya consacre au moins 30 % de la dépense globale à l’investissement public. Objectif : clore en priorité les projets structurants déjà engagés.

Le mot d’ordre de l’exercice budgétaire 2027 au Cameroun est la rationalisation. Un appel de plus dans un contexte macroéconomique serré auquel s’ajoutent les exigences de soutenabilité de la dette vis-à-vis des partenaires comme le FMI. À Yaoundé, il est désormais question de stabiliser et rentabiliser l’existant.

En effet, la circulaire présidentielle enjoint fermement les administrations de consacrer prioritairement leurs enveloppes à la conduite et au terme des projets déjà engagés. Et pour éviter le piège des éléphants blancs, le gouvernement applique un filtre strict via le Comité national de maturation des projets : l’accent est mis sur la pleine fonctionnalité des infrastructures pour qu’aucune œuvre ne soit livrée sans ses connexions opérationnelles.

Les infrastructures au cœur du sprint final

Plusieurs projets majeurs, attendus de longue date par les opérateurs économiques et les populations, bénéficient d’une attention budgétaire cruciale pour leur accélération ou leur livraison : de prime abord, l’autoroute Yaoundé-Douala (Phase 2), la finalisation de la ligne de transport associée au barrage de Nachtigal afin d’injecter pleinement ses 420 MW dans le réseau national.

Outre le processus de maturation du futur barrage de Kikot qui devrait être bouclé, la circulation 2027 donne une place de choix au secteur minier et industriel. Ici, des crédits seront alloués pour accélérer le désenclavement des grands bassins de production, faire progresser les projets miniers d’envergure et appuyer la réhabilitation de la Sonara (Société Nationale de Raffinage).

Import-substitution et patriotisme économique

Au-delà du béton et de l’énergie, le budget 2027 structure la riposte économique du Cameroun face aux chocs extérieurs. L’accent est mis sur le Plan intégré d’import-substitution agro pastoral et halieutique. Pour stimuler le tissu industriel local, l’État s’impose une règle de patriotisme économique : privilégier les biens et services camerounais dans la commande publique. Des incitations spécifiques visent également l’industrie pharmaceutique afin d’encourager la production locale de médicaments essentiels et de réduire la dépendance aux marchés étrangers.

Rigueur budgétaire et financements innovants

Pour financer ses ambitions sans aggraver le risque de surendettement, le gouvernement devra actionner des leviers alternatifs. Le cadre budgétaire prévoit une maximisation des recettes internes non pétrolières, sans pour autant asphyxier le secteur privé par une fiscalité lourde. À cet effet, l’État mise sur une efficacité accrue de la dépense publique ainsi que sur le recours intensif aux Partenariats Public-Privé (PPP) pour relayer l’investissement public direct.

Globalement, l’exercice budgétaire 2027 s’annonce comme celui de la maturité infrastructurelle : le Cameroun veut consolider ses fondations économiques pour s’assurer que chaque franc investi génère enfin la croissance inclusive promise par la Stratégie Nationale de Développement (SND30).

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