Financement public : Afriland First Bank Guinée revendique près de 128 milliards de FCFA de participations à trois emprunts d’État
La filiale guinéenne du groupe bancaire d’origine camerounaise apparaît parmi les principaux acteurs du marché obligataire local. Le rapprochement des données relatives aux émissions de 2024, 2025 et 2026 fait ressortir près de 128 milliards de FCFA de titres enregistrés sous son nom, dont plus de 90 milliards pour la dernière opération.

Afriland First Bank Guinée renforce sa présence dans le financement de l’État guinéen. Entre 2024 et 2026, les documents disponibles font ressortir près de 128 milliards de FCFA de participations à trois emprunts obligataires souverains, soit l’équivalent de 1 922,815 milliards de francs guinéens (GNF). Cette estimation repose sur les obligations déclarées par la banque pour les opérations de 2024 et 2025, auxquelles s’ajoutent les titres qui lui ont été attribués lors de l’émission de 2026. Les données proviennent du dossier de candidature présenté par Afriland First Bank Guinée pour cette dernière opération et du rapport d’attribution publié le 23 octobre 2026 par la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Elles illustrent le poids pris par l’établissement dans la mobilisation des ressources destinées au financement des dépenses publiques guinéennes.
Plus de 90 milliards de FCFA sur l’emprunt de 2026
La dernière opération représente la part la plus importante des montants recensés. Selon les résultats publiés par la BCRG, Afriland First Bank Guinée s’est vu attribuer 1 366,65 milliards GNF, correspondant à environ 90,8 milliards de FCFA. Ce montant représente 29,85 % des 4 579,145 milliards GNF attribués aux sept établissements participants. La banque arrive ainsi en tête des bénéficiaires, devant Vista Gui, avec 670,98 milliards GNF, et la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI), créditée de 664,7 milliards GNF. L’établissement se distingue donc par le volume des titres enregistrés sous son nom lors de cette levée de fonds.
L’écart avec les opérations précédentes est également significatif. Pour l’emprunt de 2025, Afriland déclarait détenir 305 milliards GNF d’obligations, soit environ 20,3 milliards de FCFA. Cette participation représentait 16,81 % des 1 814,56 milliards GNF souscrits lors de l’opération. En 2024, la banque avait fait état de 251,165 milliards GNF sur une tranche de l’emprunt, équivalant à près de 16,7 milliards de FCFA et à 26,13 % des titres émis sur cette tranche.
Un rôle renforcé dans les emprunts souverains
Au-delà de ses participations déclarées, Afriland First Bank Guinée occupe une place importante dans l’organisation des émissions obligataires de l’État. Après avoir participé au syndicat de placement de l’emprunt de 2019, l’établissement a exercé les fonctions d’arrangeur et de chef de file pour les opérations de 2024, 2025 et 2026.
Ces mandats consistent notamment à structurer les émissions, coordonner les établissements financiers participants et contribuer à la mobilisation des investisseurs. Ils confortent le positionnement de la banque sur le marché des titres publics guinéens, sans toutefois permettre, en l’absence de données complémentaires, de chiffrer les commissions qu’elle en retire.
L’emprunt de 2026, lancé le 25 septembre avec un objectif initial de 2 500 milliards GNF, a abouti à des attributions de 4 579,145 milliards GNF. Les titres, assortis d’un taux d’intérêt annuel de 11 %, arrivent à échéance en octobre 2031. Les ressources mobilisées doivent notamment financer des investissements publics dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la santé et l’éducation.
Une expansion régionale née au Cameroun
Cette présence sur le marché guinéen s’inscrit dans le développement international d’un groupe bancaire dont les origines remontent au Cameroun. Créée en 1987 à l’initiative de Paul Kammogne Fokam sous l’appellation de Caisse commune d’épargne et d’investissement (CCEI), la banque adopte le nom d’Afriland First Bank en 2002. La société faîtière Afriland First Group est constituée en Suisse en mars 2008, tandis que la filiale guinéenne ouvre ses portes en novembre 2012.
La somme de près de 128 milliards de FCFA doit néanmoins être interprétée avec prudence. Elle agrège des participations documentées sur trois opérations distinctes et ne constitue pas nécessairement un encours actuel de titres détenus par la filiale. Les documents disponibles ne permettent pas non plus d’établir la part exacte des ressources financées sur les fonds propres de la banque, celle éventuellement souscrite pour le compte de clients, ni l’origine géographique des capitaux mobilisés.



