Capitalisme en Afrique : Maurice, les Seychelles et le Botswana en tête du classement mondial
Le Global Capitalism Index, publié le 6 octobre 2026 par des chercheurs de l’Université de Virginie, place Maurice au premier rang africain, devant les Seychelles et le Botswana. Fondé sur 213 jeux de données couvrant 161 pays et territoires, cet indice met en lumière les différences de qualité institutionnelle, d’ouverture économique et de développement financier entre les économies du continent.

La capacité d’un pays à attirer les capitaux ne dépend pas uniquement de ses ressources naturelles ou de la taille de son marché intérieur. Elle repose également sur la sécurité juridique, l’accès au financement, la concurrence et la fluidité des échanges. C’est à travers cette grille de lecture que le Global Capitalism Index (GCI) distingue les économies les plus propices au fonctionnement des marchés. Dans son édition publiée le 6 octobre 2026, Maurice se hisse au sommet du classement africain, confirmant le positionnement favorable de cette économie insulaire en matière d’environnement des affaires.
Maurice, modèle d’ouverture économique sur le continent
Avec un score de 73,9 points, Maurice domine les 47 économies africaines évaluées par l’indice. Ses performances sont notamment portées par la circulation des biens et des capitaux, les politiques favorables aux marchés et la sophistication de son système financier. Le pays se classe respectivement aux 32e, 36e et 37e rangs mondiaux dans ces trois domaines. Les Seychelles occupent la deuxième place africaine, au 50e rang mondial, suivies du Botswana (52e), de la Namibie (59e) et du Cap-Vert (66e). Le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Bénin et le Maroc complètent le groupe des neuf premières économies africaines, tandis que l’Égypte ferme le Top 10, à la 86e place mondiale. Cette hiérarchie souligne le rôle des institutions et de l’organisation des marchés dans la compétitivité économique. Pour les investisseurs, la prévisibilité des règles, la protection des actifs et la disponibilité des instruments financiers contribuent à réduire les risques associés aux projets et à améliorer les perspectives de rentabilité.
Un indice qui dépasse la seule question de la fiscalité
Le GCI ne mesure pas simplement le degré de libéralisation d’une économie. Ses concepteurs, issus de la Darden School of Business et du Karsh Institute of Democracy de l’Université de Virginie, retiennent une conception plus large du capitalisme, fondée sur la possibilité de mobiliser des capitaux sur des marchés ouverts, avec un minimum de contraintes publiques et privées.
L’évaluation s’appuie sur huit dimensions, dont les droits de propriété, les politiques favorables au marché, la flexibilité du marché du travail, la concurrence, le développement des marchés financiers, la solidité du système bancaire, la création d’entreprises et la libre circulation des biens et des capitaux. Les données, dont certaines remontent à 2009, sont agrégées pour produire une note sur 100.
Cette approche rappelle qu’un environnement économique favorable ne se résume pas à une fiscalité attractive. La qualité de la justice commerciale, l’efficacité de l’administration, l’accès au crédit et la capacité des entreprises à entrer sur un marché comptent également. Un pays peut ainsi afficher des taux d’imposition compétitifs sans offrir aux investisseurs toutes les garanties nécessaires à des engagements de long terme.
Des écarts qui interrogent les politiques économiques africaines
À l’autre extrémité du classement, vingt pays africains obtiennent moins de 50 points. La Libye affiche 21,8 points, le Tchad 24,1 et la Mauritanie 24,2. Ces résultats illustrent l’ampleur des écarts entre les économies du continent en matière de conditions institutionnelles et de fonctionnement des marchés. Il convient toutefois de distinguer le score de l’indice des résultats économiques effectivement obtenus. Une note élevée ne garantit, à elle seule, ni une croissance inclusive, ni une réduction des inégalités, ni une meilleure redistribution des richesses. De même, un score faible ne signifie pas qu’une économie est dépourvue de potentiel. Le GCI évalue principalement les conditions de fonctionnement du capitalisme, et non l’ensemble des performances sociales et économiques d’un pays.
La Suisse domine le classement mondial
À l’échelle internationale, la Suisse occupe la première place avec 96,9 points, devant les États-Unis, Hong Kong, le Canada et Singapour. Cette présence de plusieurs centres financiers et économies ouvertes souligne l’importance accordée par l’indice à la qualité des institutions, à la profondeur des marchés et à la circulation des capitaux.



