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Diaspora & Mines : Le nouveau tandem de la croissance en Afrique Centrale

Dans un récent rapport sur les perspectives économiques de l'Afrique Centrale en 2026, la Banque africaine de développement expose les deux principaux leviers stratégiques pour doper la croissance de la sous-région : le secteur minier et les compétences de la diaspora. Un tandem qui semble porter une feuille de route offensive dont les visées sont la transformation surplace des richesses du sous-sol et la canalisation des capitaux de la diaspora vers des projets industriels majeurs.

Selon les données de la BAD, la croissance économique de l’Afrique Centrale devrait rebondir à 3,8% en 2026, marquant ainsi une légère hausse par rapport au 3,5% enregistré un an plus tôt.  Dans un contexte où la région s’efforce plus que jamais à consolider sa résilience face aux chocs exogènes comme la guerre au Moyen-Orient ou le conflit russe-ukrainien. L’accélération de sa trajectoire de croissance projetée reposera principalement sur deux forces majeures.

La mine pour se défaire progressivement du pétrole

Le secteur minier s’impose dorénavant comme le principal levier de diversification et de résilience économique pour faire face à une rente pétrolière qui amorce un déclin structurel. D’où l’exploitation des ressources minières (or, manganèse, bauxite, fer, minéraux critiques) devraient prendre le relais pour soutenir la croissance régionale projetée.

D’ailleurs, une radiographie de plusieurs économies majeures de la sous-région, révèlent que le secteur minier compense de plus en plus la baisse des recettes des hydrocarbures. Conséquence : En République Centrafricaine, le gouvernement s’appuie massivement sur la formalisation et la relance du secteur extractif (or et diamant) pour propulser sa croissance au cours de l’année sous-revue.

Tandis que le vieillissement des champs pétroliers impose au Cameroun d’accélérer son virage minier avec le développement d’un portefeuille de projets prioritaires comme l’exploitation de la bauxite de Minim Martap ou du fer de Mbalam. Le Gabon quant à lui, maintient un cap solide à environ 3,7 % de croissance, soutenue principalement par une restructuration industrielle de sa filière manganèse et des investissements accrus dans sa diversification.

Au-delà des efforts nationaux, la croissance se joue au niveau communautaire. Dans la zone CEMAC, courant avril 2026, sa Commission a réuni des experts à Douala pour finaliser l’avant-projet d’un Code minier communautaire unique. Un cadre juridique standardisé qui vise entre autres à sécuriser les investissements directs étrangers (IDE) ; à garantir une meilleure transparence et à accroître la part locale de valeur ajoutée à l’échelle des six pays membres.

Transcender les transferts de fonds familiaux

En 2026, la diaspora devrait jouer un rôle crucial dans l’atteinte des objectifs de croissance fixés par la BAD. Estimés à environ 4,1 milliards de dollars à l’échelle de la sous-région. Ses envois de fonds autrefois dédiés à de simples transferts familiaux.  Devront entamer un cycle d’investissement dans l’entrepreneuriat et transfert de technologies.  Alors que la République Démocratique du Congo constitue jusqu’ici le premier bénéficiaire régional avec des flux estimés à 3,32 milliards de dollars. L’année 2026 ouvre à nouveau la voie à la structuration des investissements d’une diaspora qui se positionne déjà comme investisseurs dans l’entrepreneuriat local, l’immobilier et l’agrobusiness.

Le cas du Cameroun où la Caisse des Dépôts et Consignations a initié le projet DIASDEV (Diaspora et Développement) pour convertir une partie des transferts d’argent de la diaspora évalués à 652 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars) en 2024, en épargne productive. Selon l’institution, 3 scénarios sont à l’étude pour capitaliser le flux financier des 6 millions de camerounais recensés à l’étranger. Il s’agit notamment de l’épargne court terme, le dépôt à long terme ou de l’épargne financière adossée à des fonds. Et pour capitaliser sur transferts les secteurs cibles identifiés sont entre autres les infrastructures, le logement et les investissements productifs prioritaires.

Combiner l’or sous terre et l’or gris

La croissance économique de l’Afrique Centrale en 2026 ne se joue plus uniquement dans l’obscurité de ses mines, mais dans la lumière de sa diaspora. Pendant que le secteur minier traditionnel propulsé par le boom des métaux stratégiques de la transition énergétique, continue de fournir le carburant budgétaire de la région.

La diaspora s’impose comme son véritable copilote stratégique. Bien que des voix s’élèvent au sein de celle aux motifs de transparence et de garanties sur la gestion des fonds. En injectant non plus seulement des fonds de subsistance, mais des capitaux d’investissement, des technologies et des compétences de pointe. La diaspora de la sous-région transforme la manne extractive en levier de diversification durable. L’avenir de la région dépendant désormais d’une équation simple : réussir la fusion entre l’or sous terre et l’or gris de l’extérieur pour passer définitivement d’une économie de rente à une économie d’impact.

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