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Finance islamique : Afriland First Bank s’appuie sur Savana pour financer davantage de PME au Cameroun

En signant un mémorandum d’entente le 7 octobre 2026 à Yaoundé, Afriland First Bank et l’établissement de microfinance Savana Islamic Finance entendent élargir l’accès aux financements conformes aux principes de la Charia. Cette coopération doit notamment permettre aux entrepreneurs, aux éleveurs et aux petites et moyennes entreprises (PME) de mobiliser des ressources plus importantes, grâce à la combinaison des capacités financières d’une banque commerciale et de l’ancrage local d’un établissement de microfinance.

Le marché camerounais de la finance islamique pourrait gagner en profondeur avec le rapprochement entre Afriland First Bank et Savana Islamic Finance. Les deux institutions ont conclu, le 7 octobre 2026 à Yaoundé, un accord destiné à faciliter le financement des activités économiques, en particulier celles portées par des entrepreneurs dont les besoins dépassent les capacités habituelles des structures de microfinance. À travers cette alliance, les partenaires misent sur la complémentarité de leurs moyens pour toucher une clientèle plus large. Afriland First Bank apporte ses ressources financières, son expertise bancaire et sa capacité à structurer des opérations d’envergure, tandis que Savana entend valoriser sa proximité avec les acteurs économiques locaux. L’objectif est de faciliter le passage de projets de petite taille vers des investissements plus importants, tout en respectant les exigences de la finance islamique.

Mutualiser les ressources pour dépasser les limites du microfinancement

Le principal enjeu de cet accord réside dans la possibilité d’accompagner des projets nécessitant plusieurs milliards de FCFA. Pour certaines petites entreprises, exploitations d’élevage et activités commerciales, l’accès au crédit reste contraint par la faiblesse des garanties disponibles, la taille des investissements et la capacité limitée des établissements de proximité à mobiliser des ressources importantes. Le dispositif envisagé prévoit une collaboration dans l’examen des projets, la mise en place de garanties et le partage des risques entre les partenaires et les porteurs d’investissement. Les clients de Savana devraient ainsi pouvoir accéder à des financements plus conséquents grâce à l’intervention d’Afriland First Bank, sans devoir nécessairement abandonner leur relation avec leur institution de proximité. La portée de cette coopération dépendra toutefois de ses modalités opérationnelles. La répartition effective des risques, les critères de sélection des bénéficiaires, les garanties exigées et les délais de traitement détermineront la capacité du partenariat à financer des entreprises qui demeurent insuffisamment servies par le système bancaire traditionnel.

Un modèle de financement sans intérêts à élargir

Contrairement aux mécanismes conventionnels fondés sur la rémunération d’un prêt par des intérêts, la finance islamique repose sur des montages compatibles avec les principes de la Charia. Ceux-ci peuvent notamment s’appuyer sur des transactions commerciales, des actifs tangibles ou des mécanismes de partage des profits et des risques. Les deux institutions indiquent que les modalités de financement et de remboursement seront structurées conformément à ces principes. Les projets concernés ne seront pas limités à un secteur particulier, selon les précisions communiquées par les responsables lors de la signature.

Cette ouverture pourrait intéresser les opérateurs économiques qui souhaitent disposer de solutions financières conformes à leurs convictions, mais aussi des entrepreneurs à la recherche de mécanismes alternatifs de financement. Le potentiel de développement demeure néanmoins lié à la connaissance de ces produits, à leur accessibilité et à la capacité des institutions à proposer des conditions adaptées aux revenus et aux cycles d’exploitation des bénéficiaires.

Quatre villes ciblées par l’extension du réseau

Afriland First Bank a lancé ses services de finance islamique au Cameroun en 2015. Son pôle spécialisé compte désormais plus de 25 000 clients, selon les chiffres présentés lors de la cérémonie. Savana Islamic Finance, dont les activités ont démarré en 2018, prévoit pour sa part d’ouvrir six agences supplémentaires dans le pays. Le partenariat devrait notamment contribuer à étendre l’accès aux services dans les villes de Kousséri, dans l’Extrême-Nord, Ngaoundéré, dans l’Adamaoua, Maroua, également dans l’Extrême-Nord, et Bertoua, dans la région de l’Est. Ces implantations pourraient rapprocher les solutions de financement des commerçants, des éleveurs et des PME implantés en dehors des principaux centres économiques.

L’enjeu sera de transformer cette présence territoriale en financements effectivement accordés et en activités économiques consolidées. L’ouverture d’agences ne garantit pas, à elle seule, une progression de l’inclusion financière : celle-ci suppose également des produits accessibles, un accompagnement des entrepreneurs et des procédures compatibles avec les réalités des petites entreprises.

En définitive, l’alliance entre Afriland First Bank et Savana Islamic Finance cherche à articuler proximité, capacité financière et partage des risques. Sa contribution au développement économique se mesurera à l’ampleur des investissements financés, au nombre d’entreprises accompagnées et à la capacité des bénéficiaires à pérenniser leurs activités. Au-delà de la clientèle déjà acquise, le défi sera de faire de la finance islamique une solution plus visible et plus accessible dans le paysage financier camerounais.

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