Financement bancaire : BGFIBank vise une levée de 80,5 milliards FCFA pour financer sa prochaine phase de croissance
Après un bénéfice net consolidé de 133 milliards de FCFA en 2025, BGFI Holding Corporation poursuit son ouverture au capital afin de renforcer ses fonds propres et d’accompagner son expansion. Cette deuxième phase, organisée autour d’un appel public à l’épargne, constitue également un test pour la capacité du marché financier de la CEMAC à mobiliser davantage de ressources au profit des entreprises de la sous-région.

BGFI Holding Corporation remet les investisseurs à contribution pour financer ses ambitions de développement. La holding du Groupe BGFIBank a engagé, en septembre et octobre 2026, une nouvelle séquence de rencontres avec les acteurs du marché financier à Libreville, Yaoundé, Douala et Brazzaville. L’objectif est de convaincre les souscripteurs de participer à une deuxième phase d’ouverture du capital destinée à mobiliser 80,558 milliards de FCFA. Conduite par Henri-Claude Oyima, président-directeur général du Groupe BGFIBank, cette opération intervient dans un contexte marqué par des résultats financiers solides et par la volonté de renforcer les capacités d’intervention du groupe bancaire. Pour les dirigeants, l’enjeu dépasse la seule collecte de fonds : il s’agit de disposer de ressources supplémentaires pour financer l’expansion du réseau, soutenir les différentes activités et améliorer la rentabilité à long terme.
Des résultats qui soutiennent l’ambition de croissance
L’exercice 2025 fournit à BGFI Holding Corporation un argument central pour solliciter de nouveaux capitaux. Le groupe a enregistré un résultat net consolidé de 133 milliards de FCFA, dont 111,747 milliards de FCFA de résultat net part du groupe. Ces indicateurs témoignent de sa capacité à générer des bénéfices et constituent un élément important dans l’appréciation de sa solidité financière par les investisseurs.
Le prix de souscription est maintenu à 80 000 FCFA l’action, soit le même niveau que lors de la première phase. Au cours des présentations, la direction a également évoqué une capitalisation boursière implicite d’environ 1 310 milliards de FCFA, ainsi que des références de valorisation de 89 000 FCFA par action, après un pic de 93 000 FCFA observé en septembre 2026.
Ces éléments donnent des repères aux investisseurs, sans toutefois garantir la rentabilité future de leur placement. La différence entre le prix de souscription et les niveaux de valorisation évoqués peut susciter de l’intérêt, mais elle doit être appréciée à la lumière des conditions effectives de négociation, de la liquidité du titre et des perspectives de bénéfices.
Le renforcement des fonds propres au service de l’expansion
Les 80,558 milliards de FCFA recherchés doivent accompagner plusieurs axes de développement. Le groupe prévoit notamment de soutenir la création de nouvelles filiales bancaires, de consolider les fonds propres de ses quatre pôles de croissance, dont le Cameroun, et de poursuivre le développement de ses différents métiers.
L’opération répond ainsi à une logique de financement de la croissance. Dans le secteur bancaire, les fonds propres constituent un levier essentiel pour soutenir l’augmentation des crédits, absorber les risques et respecter les exigences prudentielles. Une base de capital renforcée peut donc donner à un établissement davantage de latitude pour accompagner les entreprises, les ménages et les projets d’investissement. Le groupe entend également améliorer son efficacité opérationnelle, renforcer sa capacité bénéficiaire et diversifier ses sources de croissance. Sa stratégie BGFI 2030 repose sur l’articulation entre expansion, rentabilité, discipline de gestion et maîtrise des risques.
Cette dernière dimension sera déterminante. Une croissance rapide du réseau ou des engagements bancaires ne garantit pas, à elle seule, une amélioration des performances. Elle doit s’accompagner d’une sélection rigoureuse des dossiers de crédit, d’un contrôle des coûts et d’une surveillance de la qualité des actifs. L’enjeu sera donc de faire progresser simultanément le volume d’activité et la rentabilité des capitaux engagés.
La BVMAC face au défi de la mobilisation de l’épargne régionale
Au-delà de son intérêt pour le groupe, l’opération constitue un enjeu pour le marché financier de l’Afrique centrale. En sollicitant les investisseurs de la sous-région, BGFI Holding Corporation cherche à mobiliser une partie de l’épargne disponible dans la CEMAC pour financer le développement d’une entreprise africaine.
Cette démarche s’inscrit dans un objectif plus large : réduire la dépendance des entreprises aux financements bancaires classiques et favoriser le recours aux marchés de capitaux. Une mobilisation plus importante de l’épargne locale pourrait contribuer à diversifier les sources de financement des entreprises et à renforcer les liens entre investisseurs régionaux et acteurs économiques.
La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) reste toutefois confrontée à plusieurs défis structurels, notamment la profondeur limitée du marché, le nombre restreint de titres disponibles et les contraintes de liquidité. Dans ces conditions, une opération de cette ampleur peut contribuer à renforcer sa visibilité, mais son impact dépendra aussi de la participation effective des investisseurs et de la possibilité pour les actionnaires de revendre leurs titres dans des conditions satisfaisantes.
Le maintien d’un prix de souscription de 80 000 FCFA place également la valorisation au cœur de la décision d’investissement. Les souscripteurs devront apprécier les perspectives de croissance du groupe, sa politique de distribution des bénéfices, les risques associés à ses marchés et les conditions de liquidité de l’action.
L’issue de cette deuxième phase constituera ainsi un indicateur de l’appétit des investisseurs pour les valeurs financières de la sous-région.
Le Cameroun parmi les relais de croissance
Les rencontres organisées à Yaoundé le 5 octobre et à Douala le 6 octobre 2026 témoignent de l’importance accordée au marché camerounais dans cette campagne de mobilisation des capitaux. Le Cameroun figure parmi les quatre pôles de croissance dont les fonds propres doivent être renforcés.
L’effet sur l’économie réelle ne sera cependant pas automatique. Il dépendra de l’affectation des ressources, de la politique de crédit et de la capacité des entreprises à présenter des projets viables. La mobilisation de nouveaux capitaux devra donc se traduire par des résultats mesurables en matière de financement, d’expansion et de rentabilité.
À travers cette nouvelle opération, BGFI Holding Corporation cherche ainsi à réunir les moyens de ses ambitions pour 2030, tout en contribuant à l’évolution du marché financier régional. Le défi consiste désormais à transformer la confiance sollicitée auprès des investisseurs en croissance rentable, en financement accru de l’économie et en création durable de valeur pour les actionnaires.



