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Fret maritime : La Chine devient plus chère à l’arrivée en Afrique centrale

Le transport des marchandises chinoises vers le Cameroun et plusieurs marchés d’Afrique centrale s’apprête à subir un nouveau renchérissement. CMA CGM prévoit de multiplier par plus de cinq sa surcharge de haute saison à compter du 15 octobre 2026. Une évolution qui pourrait peser sur les coûts d’importation, dans une région où la Chine constitue un fournisseur majeur de biens manufacturés.

Les importateurs camerounais devront surveiller de près leurs coûts logistiques au cours des prochaines semaines. Le groupe maritime CMA CGM a décidé de relever fortement la surcharge appliquée aux marchandises expédiées depuis la Chine vers plusieurs destinations d’Afrique centrale et australe. À compter des chargements effectués le 15 octobre 2026, la Peak Season Surcharge (PSS) sera portée à 400 dollars par EVP, contre 75 dollars précédemment. Au taux de change de référence de l’exemple fourni, cette charge représente environ 235 000 FCFA par conteneur équivalent vingt pieds. Le dispositif concerne les cargaisons sèches et réfrigérées transportées dans le cadre de contrats de court terme. Le Cameroun figure parmi les marchés concernés, aux côtés notamment du Congo, de la République démocratique du Congo, du Gabon, de l’Angola et de la Namibie.

Une facture logistique qui s’alourdit rapidement

L’ampleur de la hausse constitue le principal élément à retenir. Entre le niveau de 75 dollars annoncé pour les expéditions de septembre et celui de 400 dollars prévu à partir de la mi-octobre, la surcharge augmente de 325 dollars par EVP, soit une progression de plus de 430 %. À l’échelle d’une opération commerciale, l’effet devient rapidement significatif. Un importateur acheminant 100 EVP depuis la Chine verrait ainsi la seule PSS passer de 7 500 à 40 000 dollars. L’écart atteint donc 32 500 dollars, soit environ 19 millions de FCFA. Cette somme ne correspond toutefois pas au coût global de l’acheminement. La surcharge vient se greffer sur le fret maritime proprement dit, auquel peuvent également s’ajouter les frais de manutention portuaire, les composantes liées au carburant, ainsi que diverses charges de sécurité, de sûreté et de contingence.

Les importateurs face à un nouvel arbitrage

Des cadres économiques estiment que l’effet ne sera pas uniforme selon les opérateurs. Les entreprises disposant de volumes importants, de contrats négociés sur une longue période ou d’une capacité à regrouper leurs cargaisons pourraient bénéficier d’une meilleure position dans les discussions tarifaires.

À l’inverse, les importateurs dépendant de contrats à court terme risquent de subir plus directement la volatilité des surcharges. Cette situation pourrait particulièrement concerner les distributeurs et grossistes qui renouvellent régulièrement leurs approvisionnements depuis les plateformes industrielles chinoises.

L’impact sur les prix au Cameroun dépendra également de la nature des produits concernés. Pour des marchandises à faible valeur unitaire ou à marge réduite, une hausse du transport peut rapidement modifier la rentabilité d’une opération. Pour des produits à forte valeur ajoutée, l’effet relatif pourrait être plus limité.

La volatilité devient une donnée de gestion

La succession des annonces de CMA CGM montre surtout que les coûts additionnels du transport maritime restent très mouvants. Quelques semaines auparavant, l’armateur avait annoncé une surcharge de 75 dollars par EVP pour les expéditions vers la zone concernée. Le même niveau avait ensuite été reconduit pour les chargements de septembre. Le passage à 400 dollars change donc l’équation pour les entreprises qui établissent leurs prévisions d’achat et leurs prix de vente sur plusieurs mois.

Un risque pour le coût final des marchandises

L’enjeu dépasse finalement la seule facture des armateurs. La Chine occupe une place importante dans l’approvisionnement du marché camerounais en biens manufacturés, équipements, intrants et produits de consommation. Toute augmentation durable du coût de leur acheminement peut progressivement se transmettre au prix payé par les distributeurs, puis par les consommateurs. Il faudra néanmoins éviter de considérer les 400 dollars de PSS comme une hausse automatique et uniforme des prix au Cameroun. Le coût final dépendra des conditions commerciales négociées, du taux de remplissage des conteneurs, du fret de base et des autres frais portuaires et logistiques.

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