Logistique : AGL Cameroun plaide pour des corridors multimodaux afin d’accélérer l’industrialisation en Afrique centrale
Face aux défis persistants de compétitivité et de fluidité des échanges en Afrique centrale, AGL Cameroun défend une approche fondée sur l’interconnexion des infrastructures portuaires, ferroviaires, routières et numériques. Lors de la Cameroon EU Business Week organisée à Yaoundé en marge du Salon Promote 2026, l’entreprise a présenté sa vision d’une logistique intégrée comme levier de transformation industrielle et de renforcement du commerce régional.

Le développement économique de l’Afrique centrale reste étroitement lié à la qualité de ses infrastructures de transport et à l’efficacité de ses chaînes logistiques. Réunis lors de la Cameroon EU Business Week, acteurs industriels, financiers et logisticiens ont mis en lumière le rôle stratégique des corridors de transport dans l’amélioration de la compétitivité régionale. Dans ce contexte, AGL Cameroun estime que les investissements dans les infrastructures ne produiront pleinement leurs effets que s’ils s’inscrivent dans une logique de complémentarité. L’entreprise défend ainsi un modèle reposant sur l’articulation entre les ports, les réseaux ferroviaires, les axes routiers et les outils numériques destinés à optimiser la circulation des marchandises. Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est double : réduire les coûts logistiques tout en raccourcissant les délais d’acheminement des produits vers les marchés nationaux et régionaux.
Parmi les projets mis en avant figure la Zone intégrée industrialo-portuaire de Kribi (ZIIPK), considérée comme l’un des principaux instruments de transformation industrielle du Cameroun. En favorisant l’installation d’unités de production à proximité du port en eau profonde, cette plateforme vise à accroître la valeur ajoutée locale des matières premières avant leur exportation. L’initiative répond à une préoccupation récurrente des économies africaines : réduire la dépendance aux exportations de produits bruts et développer des chaînes de valeur industrielles capables de générer davantage d’emplois et de revenus. Pour les spécialistes du secteur, la réussite d’un tel projet dépend toutefois de l’existence de connexions efficaces entre les bassins de production, les zones industrielles et les marchés de consommation. D’où l’importance accordée à l’amélioration des corridors logistiques reliant le Cameroun aux pays enclavés de la sous-région.
Au-delà des infrastructures physiques, AGL Cameroun met également l’accent sur la digitalisation des opérations logistiques. La dématérialisation des procédures, le suivi en temps réel des cargaisons et l’automatisation de certaines opérations constituent aujourd’hui des outils essentiels pour améliorer la performance des chaînes d’approvisionnement. Cette évolution s’inscrit dans une tendance mondiale où la compétitivité logistique repose de plus en plus sur la capacité des entreprises à exploiter les données et les technologies numériques afin d’optimiser leurs flux. Dans une région confrontée à des contraintes administratives et à des coûts de transport élevés, ces innovations pourraient contribuer à renforcer l’attractivité des économies locales auprès des investisseurs.
En parallèle des discussions institutionnelles, AGL Cameroun et le Terminal Bois du Port de Douala ont profité du Salon Promote 2026 pour présenter leurs services aux entreprises et aux particuliers. Les offres exposées couvraient notamment le dédouanement, le transport aérien, la logistique express ainsi que les solutions dédiées à la filière bois. Pour les deux entités, cette présence visait à renforcer leur visibilité commerciale et à développer de nouveaux partenariats dans un contexte marqué par l’intensification des échanges régionaux. Le Terminal Bois du Port de Douala a particulièrement insisté sur son rôle dans l’accompagnement des exportateurs de bois, un secteur qui demeure l’un des principaux pourvoyeurs de devises du Cameroun. L’objectif affiché est d’améliorer la fluidité des exportations tout en sécurisant les flux logistiques.
Au-delà des intérêts des opérateurs privés, les débats de Yaoundé ont rappelé que l’amélioration des corridors logistiques constitue un enjeu stratégique pour l’intégration économique de l’Afrique centrale. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, la région reste confrontée à des coûts de transport parmi les plus élevés du continent. Le développement d’infrastructures interconnectées, associé à une meilleure coordination des acteurs publics et privés, apparaît désormais comme une condition essentielle pour stimuler le commerce intra-africain, soutenir l’industrialisation et renforcer la compétitivité des économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Dans cette perspective, les initiatives portées par les grands opérateurs logistiques pourraient jouer un rôle déterminant dans la transformation économique de la sous-région.



