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Pétrole : L’Irak veut sécuriser ses exportations en misant sur l’axe Égypte-Méditerranée

Face à la vulnérabilité persistante du détroit d’Ormuz et aux tensions en mer Rouge, Bagdad cherche à multiplier ses solutions d’acheminement et de stockage du brut. L’Égypte apparaît comme une option stratégique grâce à ses infrastructures reliant la mer Rouge à la Méditerranée, même si le projet irakien reste encore à l’étude.

L’Irak veut réduire sa dépendance aux routes maritimes exposées aux tensions géopolitiques du Moyen-Orient. Le ministère irakien du Pétrole examine ainsi la possibilité de placer une partie de ses réserves de brut dans des installations situées à l’étranger, avec notamment l’Égypte parmi les destinations envisagées. Selon des propos de Salim al-Rikabi, porte-parole du ministère irakien du Pétrole, rapportés par la presse locale le 27 septembre, plusieurs pistes sont actuellement étudiées. Elles concernent notamment le développement de capacités de stockage et la participation à des projets de raffinage hors du territoire irakien. Oman et Singapour figurent également parmi les options examinées. La piste égyptienne présente un intérêt particulier en raison de sa position géographique. Elle pourrait permettre à terme de connecter les zones pétrolières du sud de l’Irak à la Méditerranée, en passant par la Jordanie.

Un corridor terrestre encore à construire

Le scénario envisagé par Bagdad repose toutefois sur plusieurs infrastructures qui ne sont pas encore opérationnelles. Le brut irakien pourrait être transporté depuis Bassora vers Haditha, puis rejoindre Aqaba, en Jordanie. De là, le schéma prévoit une éventuelle extension jusqu’à Al-Arish, dans le nord-est de l’Égypte. Cette configuration ouvrirait aux exportations irakiennes une voie complémentaire vers la Méditerranée, en réduisant leur exposition au passage par le détroit d’Ormuz. Mais cette perspective dépend encore de la concrétisation du corridor terrestre et des accords nécessaires avec les pays concernés. L’Égypte n’est donc pas encore une nouvelle porte de sortie pour le pétrole irakien. Il s’agit à ce stade d’une option stratégique en cours d’évaluation.

Oman déjà plus avancé

Parmi les différentes solutions étudiées par Bagdad, l’option omanaise bénéficie d’un niveau de préparation supérieur. Deux protocoles d’accord conclus en septembre 2025 associent notamment la State Oil Marketing Organization (SOMO), OQ et Oman Tank Terminal Company. Le premier prévoit la mise en place d’un dispositif de stockage du brut irakien dans la zone économique spéciale de Duqm. Le second porte sur la commercialisation du pétrole irakien par OQ Trading sur les marchés internationaux. Duqm pourrait ainsi jouer le rôle de plateforme extérieure pour les exportations irakiennes, tandis que la piste égyptienne nécessiterait encore la réalisation de nouvelles connexions logistiques.

La sécurité des routes maritimes devient un enjeu pétrolier

La multiplication de ces projets intervient alors que les tensions régionales ont déjà perturbé les flux pétroliers. Les exportations irakiennes par voie maritime ont connu de fortes variations depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le 28 février. Après être tombées à des niveaux très faibles au printemps, elles ont retrouvé environ 2,16 millions de barils par jour en août. Dans ce contexte, la sécurisation des itinéraires devient un enjeu aussi important que les capacités de production. Les perturbations d’Ormuz, mais également les risques autour de Bab el-Mandeb, incitent les producteurs du Golfe à rechercher des itinéraires alternatifs. L’Arabie saoudite a notamment réorienté certains volumes vers la mer Rouge, en utilisant des infrastructures permettant de rejoindre la Méditerranée sans dépendre entièrement du passage maritime par Ormuz.

L’Égypte retrouve une valeur stratégique

Pour Le Caire, cette recomposition des flux pétroliers intervient toutefois dans un contexte délicat. Les perturbations en mer Rouge ont réduit le trafic sur le canal de Suez et affecté les recettes tirées de cette infrastructure stratégique. Dans le même temps, les capacités égyptiennes de connexion entre la mer Rouge et la Méditerranée prennent une nouvelle importance. Pour l’Irak, leur utilisation permettrait d’envisager une diversification des débouchés de son pétrole. La réalisation de cette ambition dépendra désormais de la faisabilité technique et financière du corridor Bassora-Aqaba-Al-Arish, mais aussi de l’évolution de la situation sécuritaire régionale.

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