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Résilience aux risques : L’Afrique enregistre les progrès les plus rapides au monde, mais reste vulnérable aux catastrophes

Selon le World Risk Poll Report 2026 de la Lloyd’s Register Foundation, toutes les sous-régions africaines ont amélioré leur capacité à faire face aux risques depuis 2023. L’accès accru à Internet et le renforcement des réserves financières des ménages contribuent à cette évolution, même si les dispositifs d’alerte et les capacités de préparation restent insuffisants dans plusieurs pays.

L’Afrique progresse dans sa capacité à absorber les chocs et à se relever des crises. Le continent a enregistré les gains les plus importants au monde en matière de résilience aux risques depuis 2023, selon le World Risk Poll Report 2026, publié le 13 octobre par la Lloyd’s Register Foundation, une organisation caritative spécialisée dans la sécurité et la préparation aux catastrophes.

Cette quatrième édition du rapport repose sur une enquête menée par l’institut Gallup auprès de 143 459 personnes dans 140 pays en 2025. Elle examine les expériences et les perceptions des populations face à différents risques, notamment les accidents de la route, l’insécurité alimentaire et hydrique, les catastrophes naturelles et les effets du changement climatique.

L’évaluation repose sur quatre dimensions : la résilience individuelle, celle des ménages, celle des communautés et celle de la société. Ces indicateurs sont agrégés dans un indice noté sur 100 points, destiné à mesurer la capacité des populations à faire face aux chocs majeurs et à s’en remettre.

Toutes les sous-régions africaines en progression

Les résultats montrent une amélioration généralisée sur le continent. L’Afrique du Nord affiche la progression la plus marquée, avec un score en hausse de cinq points, à 54 points. L’Afrique australe gagne quatre points, passant de 47 à 51 points. L’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est enregistrent chacune une progression de trois points. Ces résultats traduisent une amélioration globale de la capacité des populations à faire face aux risques, même si les situations demeurent contrastées entre les pays. Malgré ces avancées, l’Afrique conserve des niveaux moyens de résilience parmi les plus faibles au monde. À titre de comparaison, l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-Est affichent chacune un score de 65 points. À l’échelle mondiale, l’indice reste stable à 57 points par rapport à 2023.

Internet et épargne, deux leviers de résilience

L’amélioration des performances africaines s’explique principalement par les progrès enregistrés au niveau des ménages. Entre 2021 et 2025, les hausses les plus importantes de cette composante ont été observées en Algérie (+13 points), au Nigeria (+9 points), au Kenya (+8 points), en Égypte (+7 points) et en Ouganda (+6 points). Le rapport identifie notamment la progression de l’accès à Internet et le renforcement des réserves financières des ménages parmi les facteurs associés à cette évolution. Depuis 2019, la proportion d’adultes ayant accès à Internet a augmenté de 17 points de pourcentage en Afrique du Nord et de 12 points dans les autres sous-régions. La connectivité facilite l’accès aux informations sur les dangers potentiels et aux consignes de sécurité. De leur côté, les réserves financières permettent aux ménages de mieux absorber les dépenses imprévues et de financer leur relèvement après un choc.

Des alertes encore insuffisantes face aux catastrophes

Ces progrès ne doivent toutefois pas masquer les fragilités persistantes. En Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, seulement 47 % des adultes touchés par une catastrophe ont déclaré avoir reçu une alerte, selon le rapport. Cette situation souligne les limites des dispositifs de prévention et de diffusion de l’information dans plusieurs territoires. À l’échelle mondiale, environ 1,1 milliard d’adultes ont subi une catastrophe au cours des cinq années précédant l’enquête. Parmi eux, près de 220 millions n’avaient reçu aucune alerte. Les populations des pays à faible revenu étaient presque deux fois plus susceptibles d’avoir été touchées que celles des pays riches. L’écart apparaît également dans l’accès aux avertissements : 64 % des adultes sinistrés dans les pays à faible revenu en ont reçu, contre 84 % dans les pays à revenu élevé.

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