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Commerce extérieur : Le déficit commercial s’allège, mais la diversification reste fragile

Au troisième trimestre 2025, le Cameroun enregistre une amélioration de sa balance commerciale, portée par une hausse des exportations et un léger reflux des importations. Si les échanges hors pétrole progressent sur l’année, la structure du commerce extérieur demeure marquée par une forte dépendance aux produits énergétiques et aux biens importés.

Entre juillet et septembre 2025, la valeur totale des échanges commerciaux du Cameroun s’établit à près de 1 946 milliards FCFA. Ce niveau traduit un ralentissement par rapport au trimestre précédent, conséquence d’un tassement ponctuel des flux. En comparaison annuelle, la tendance reste toutefois positive, confirmant une progression graduelle des échanges avec le reste du monde. Les transactions hors hydrocarbures représentent une part croissante du commerce extérieur. Leur montant atteint environ 1 385 milliards FCFA sur le trimestre. Malgré une contraction conjoncturelle, ces échanges affichent une hausse notable sur un an, révélant l’élargissement progressif des activités exportatrices au-delà du pétrole et du gaz.

Sur les neuf premiers mois de l’année 2025, la dynamique apparaît plus nette. Le volume global des échanges dépasse 6 200 milliards FCFA, avec une progression marquée des opérations non pétrolières. L’agriculture, l’agro-industrie, la transformation du bois et certaines branches manufacturières contribuent de plus en plus aux recettes commerciales, dans un contexte de recherche de valeur ajoutée locale. Cette évolution illustre les premiers effets des politiques de diversification économique. Toutefois, ces avancées restent inégales selon les filières et encore insuffisantes pour compenser le poids des importations.

La balance commerciale s’améliore au troisième trimestre 2025. Le déficit se réduit d’environ 69 milliards FCFA pour s’établir à 726,6 milliards. Cette évolution s’explique par une diminution des importations conjuguée à une augmentation des exportations. Le taux de couverture progresse ainsi pour atteindre près de 46 %, signe d’un rééquilibrage partiel. Hors hydrocarbures, le déficit se contracte également sur le trimestre, mais demeure important. En glissement annuel, la situation reste préoccupante : le déficit se creuse et le taux de couverture se dégrade, traduisant une compétitivité encore limitée des exportations non pétrolières.

Les importations de biens reculent légèrement, en raison d’une baisse des volumes et d’un repli des prix de certains produits. Les diminutions concernent notamment les céréales, les engrais, les produits métalliques et certains équipements. À l’inverse, les achats de carburants, de machines et de produits industriels progressent, reflétant les besoins en intrants énergétiques et productifs. Côté exportations, la hausse trimestrielle est principalement tirée par les hydrocarbures. Les ventes de gaz naturel liquéfié et de pétrole brut augmentent, tandis que plusieurs produits agricoles et manufacturés, comme le cacao brut ou le coton, enregistrent un recul.

Sur les neuf premiers mois de 2025, le déficit commercial reste élevé, dépassant 1 500 milliards FCFA. Hors pétrole et gaz, il demeure quasiment stable, signe que la diversification progresse mais peine encore à transformer durablement la structure des échanges. Dans l’ensemble, les données traduisent une économie en transition. L’essor des secteurs agricoles et industriels non pétroliers constitue un signal encourageant, mais les déséquilibres persistent. La réduction durable du déficit dépendra de la capacité du pays à renforcer sa base exportatrice, à accroître la transformation locale et à limiter sa dépendance aux importations stratégiques.

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