Cacao transformé : Le marché américain propulse la pâte de cacao camerounaise
Portée par l’essor de la transformation locale et par des prix internationaux élevés, la pâte de cacao camerounaise a trouvé en 2024 un débouché majeur aux États-Unis. Mais derrière cette percée se dessinent des fragilités liées aux cours mondiaux et aux barrières tarifaires.

En 2024, la pâte de cacao issue des usines camerounaises a franchi un cap. Les États-Unis se sont hissés au rang de premier importateur par voie maritime, absorbant près d’un tiers des volumes expédiés et plus d’un tiers des recettes générées. En clair, Washington est devenu la principale vitrine commerciale de ce produit transformé, confirmant l’attractivité croissante du cacao camerounais au-delà de la fève brute. Cette dynamique traduit un changement d’échelle. Les exportations de pâte ont progressé à un rythme soutenu, tant en valeur qu’en volume, permettant au Cameroun d’entrer dans le cercle des grands fournisseurs mondiaux. Sur le marché américain, le pays demeure toutefois un acteur intermédiaire, devancé par la Côte d’Ivoire, le Canada et le Ghana.
Tous les marchés ne rémunèrent pas la pâte camerounaise au même niveau. Certains pays européens affichent des prix au kilo supérieurs à ceux pratiqués aux États-Unis. Ce différentiel oblige les exportateurs à choisir entre écouler de gros volumes sur un marché porteur ou viser des destinations offrant une meilleure valeur unitaire. Un dilemme classique entre quantité et rentabilité.
La performance de 2024 repose aussi sur une base industrielle élargie. De nouveaux broyeurs ont rejoint le paysage, tandis que les acteurs déjà installés ont renforcé leurs capacités. Résultat : la transformation nationale a atteint un niveau inédit au cours de la campagne 2024-2025. Cette montée en puissance s’inscrit dans la stratégie publique de valorisation locale du cacao, afin de capter davantage de richesse sur place et réduire la dépendance aux exportations de fèves.
La trajectoire reste fragile. Une détente annoncée de l’offre mondiale pourrait faire refluer les prix, comprimant les recettes en devises. À cela s’ajoute un facteur commercial défavorable : depuis 2025, les États-Unis appliquent des droits de douane réciproques de 15 %. Les premières données font état d’un repli des volumes et des revenus sur ce marché, signe que la taxe pèse sur la compétitivité.



