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Relations commerciales : Les États-Unis prolongent l’AGOA jusqu’en 2026 sous conditions

Arrivé à expiration le 1er octobre 2025, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) bénéficie désormais d’un sursis. Le texte adopté par le Congrès et promulgué le 3 février 2026 prolonge le régime de préférences commerciales jusqu’au 31 décembre 2026, avec effet rétroactif. En clair, les pays éligibles peuvent continuer à exporter vers les États-Unis sans droits de douane sur plus de 1 800 produits, en plus des avantages déjà prévus par le système généralisé de préférences.

Pour l’administration américaine, cette décision répond à un impératif de transition. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que les agences fédérales allaient ajuster les règles tarifaires afin de mettre en œuvre la nouvelle loi, tout en travaillant avec le Congrès sur une réforme plus large du programme.

La Maison-Blanche souhaite désormais conditionner davantage les avantages commerciaux accordés aux pays africains. Selon Washington, le futur AGOA devra offrir un meilleur accès au marché américain pour les entreprises et les producteurs des États-Unis. Cette orientation marque une inflexion : l’accord, historiquement conçu comme un outil de soutien au développement africain, est appelé à devenir un instrument plus équilibré au profit des exportateurs américains. Les critères d’éligibilité resteront liés à l’économie de marché, à l’État de droit et à la gouvernance, mais pourraient intégrer de nouvelles exigences commerciales.

Des incertitudes subsistent concernant le maintien de l’Afrique du Sud parmi les bénéficiaires. Les relations entre Pretoria et Washington se sont dégradées ces derniers mois, notamment sur fond de désaccords diplomatiques et géopolitiques. L’administration Trump reproche au pays d’entretenir des liens étroits avec des puissances considérées comme rivales des États-Unis, notamment la Chine, la Russie et l’Iran. Ces tensions pourraient peser lourd dans la prochaine mise à jour de la liste des pays éligibles, un exercice annuel crucial pour les économies africaines dépendantes des exportations vers les États-Unis.

Pour les pays d’Afrique subsaharienne, cette prorogation d’un an offre un délai précieux. Elle permet d’éviter une rupture brutale des échanges préférentiels et de se préparer à un nouveau cadre commercial. Mais elle souligne aussi la fragilité d’un mécanisme soumis aux priorités politiques américaines. En attendant une réforme annoncée, l’AGOA reste un pont commercial suspendu au-dessus d’un fleuve de négociations, reliant encore l’Afrique au marché américain, mais sous une architecture appelée à changer.

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