Secteur privé : L’Union Européenne engage près de 10 milliards FCFA pour développer les chaînes de valeurs
Contribuer à un développement économique durable, local et inclusif ; favoriser la création d’emplois décents et verts ; promouvoir la compétitivité des entreprises. Le projet d'Appui au Développement Économique par la Promotion des Chaînes de Valeur et de l’Initiative Privée (AD- CV) dont la 1ère session du comité de pilotage s'est tenue le 19 mars 2026 à Yaoundé, devrait reconfigurer l'architecture du secteur privé camerounais avec la mise en place d’une facilité de financement innovante combinant instruments financiers, assistance technique et instruments de partage de risques ; le renforcement des capacités et l’appui aux entreprises ; et enfin la redynamisation du dialogue public-privé.

Financé à hauteur de 15 millions d’euros par l’Union Européenne, soit environ 9,8 milliards de FCFA, le projet a pour cibles prioritaires les jeunes entrepreneurs et les femmes issus des interprofessions, des organisations de producteurs, des MPME (micro, petite et moyenne entreprise) dont les activités tournent autour des filières à fort potentiel comme : le maïs, le riz, le bois, le cacao, le manioc, le digital …
Un pas décisif vers l’atteinte des ODD spécifiques
Si sur la période d’intervention, le projet contribuera à accroître d’au moins 10% le chiffre d’affaires des chaînes de valeur visées, d’augmenter le nombre d’emplois décents et la masse salariale des entreprises bénéficiaires, de renforcer les capacités d’autonomisation économique d’au moins 100 femmes, et de créer au moins 200 emplois décents dans les entreprises du secteur du digital. Concrètement, il est question, « de structurer des écosystèmes économiques complets, de la production à la commercialisation, tout en répondant aux défis majeurs que sont la création d’emplois décents, la transformation structurelle de l’économie, l’inclusion des jeunes et des femmes, et la transition verte … sécuriser des chaînes d’approvisionnement durables, compétitives et conformes aux standards internationaux, notamment environnementaux. », précise Sébastien Dibling, Chef de la coopération de l’Union Européenne au Cameroun et en Guinée Équatoriale.
Au-delà de la structuration attendue, la mise en œuvre du projet ADCV devrait permettre au Cameroun de passer un cap décisif vers l’atteinte de plusieurs objectifs de développement durables notamment l’ODD 1 relatif à l’éradication de la pauvreté ; le travail décent et la croissance économique (ODD 8) ; égalité entre les genres (ODD 5) et réduction des inégalités (ODD 10). Pour le Président du Comité de Pilotage, « l’ADCV constitue un levier opérationnel de mise en cohérence entre les politiques publiques, les besoins du secteur privé et les opportunités de partenariats au niveau international », rappelle Christian Arnault Emini, Président du comité de pilotage du projet et Directeur général de l’économie et de la programmation des investissements publics au Ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire.
Le défi de l’assainissement du climat des affaires, une priorité
Le développement des chaînes de valeur nécessite un environnement favorable. Or, une lecture synoptique du climat des investissements et de l’environnement des affaires au Cameroun révèle une multitude de défis. Outre un accès restreint au financement bancaire, le secteur privé fait face à un environnement fiscal et administratif lourd, à une corruption ambiante, sans dissocier la déficience des infrastructures de transport et énergétiques. Autant d’obstacles structurels qui, couplés à une forte informalité et au manque de structuration managériale, freinent la compétitivité et la croissance des entreprises privées, qui représentent pourtant 98 % du tissu économique national. À ce titre, il faut « faire émerger des réformes concrètes et améliorer durablement l’environnement des affaires », préconise l’Union Européenne.
ADCV, une vision commune de coopération
Le projet répond singulièrement aux orientations stratégiques des deux partenaires. Pour le Cameroun, il s’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement 2030 qui place les jeunes et les femmes au cœur du dispositif de développement, tandis qu’au niveau de l’Union Européenne, celui-ci cadre à la fois avec la stratégie « Global Gateway » lancée depuis 2021, mais aussi le partenariat Afrique-Europe. En effet, ce programme s’inscrit pleinement dans une évolution stratégique de la coopération entre l’UE et le Cameroun. Car, à date, l’ambition de l’Union Européenne est « d’orienter nos investissements vers des projets à fort impact, situés à l’intersection des priorités de nos partenaires et des intérêts européens. Cette approche repose sur une logique simple : construire des partenariats économiques durables, créateurs de valeur pour tous », assure Sébastien Dibling.



