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Fiscalité : Le Cameroun lance un vaste chantier numérique pour transformer la DGI

Le gouvernement camerounais franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de son administration fiscale. Le ministère des Finances a confié à un consortium international la mise en place d’un Système intégré de gestion des impôts et taxes (SIGIT), pour un montant de près de 4,7 milliards de FCFA. Soutenu par la coopération allemande, ce projet vise à améliorer la collecte des recettes publiques, renforcer la transparence et moderniser les services destinés aux contribuables.

Le Cameroun accélère la modernisation de son administration fiscale. Le 10 avril 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a officiellement attribué le marché relatif à la conception et au déploiement d’un nouveau système numérique destiné à la Direction générale des impôts (DGI). Le contrat a été remporté par un consortium regroupant les entreprises ARABSOFT et ORADIST, basées en Tunisie, la société canadienne C2D ainsi que DBS, entreprise camerounaise spécialisée dans les solutions technologiques. L’enveloppe globale du projet atteint 7,15 millions d’euros TTC, soit environ 4,7 milliards de FCFA, pour une durée d’exécution de deux ans. Cette opération s’inscrit dans le programme de modernisation des systèmes d’information de la DGI engagé depuis 2018 avec l’appui financier de la banque allemande de développement KfW.

Le futur SIGIT ambitionne de centraliser et d’automatiser l’ensemble des opérations fiscales. Selon les termes du marché, la plateforme devra couvrir toutes les étapes liées à la gestion des impôts et taxes, depuis l’enregistrement des contribuables jusqu’au suivi des paiements. Le système intégrera notamment des outils de gestion des données fiscales, des référentiels administratifs et des mécanismes d’analyse permettant d’améliorer le contrôle et le traitement des informations. Une interconnexion avec d’autres administrations publiques est également prévue, en particulier avec les services des douanes, du budget et du Trésor. À travers cette architecture numérique, les autorités souhaitent fluidifier les échanges de données entre institutions et réduire les lenteurs administratives souvent dénoncées par les usagers.

La réforme prévoit aussi un important volet orienté vers les citoyens et les entreprises. Un portail numérique permettra aux contribuables d’effectuer leurs déclarations fiscales en ligne, de procéder aux paiements, de suivre leurs dossiers et de soumettre des réclamations sans se déplacer dans les centres des impôts. Le projet inclut par ailleurs des dispositifs de sécurisation des données, des outils de traçabilité des opérations, ainsi que des mécanismes de sauvegarde et de maintenance afin de garantir la continuité des services. Le consortium retenu devra également assurer la migration des données existantes, la formation des personnels de la DGI et la mise en place d’un centre d’assistance technique chargé du support aux utilisateurs après le déploiement du système.

Au-delà de la modernisation administrative, le gouvernement espère surtout renforcer la mobilisation des recettes internes dans un contexte de fortes pressions budgétaires. Les données officielles indiquent qu’à fin juin, les recettes fiscales du Cameroun s’élevaient à 1 956,8 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 44,9 % par rapport aux prévisions annuelles. Les recettes issues des impôts et taxes représentaient pour leur part 1 410,7 milliards de FCFA.

Avec ce chantier numérique, l’exécutif mise sur une administration fiscale plus performante, capable de limiter les pertes de recettes, d’améliorer la transparence et de rapprocher davantage les services fiscaux des contribuables.

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