ZLECAf-Ecobank : Union des forces pour stimuler le financement du commerce africain
Le secrétariat de la ZLECAf et Ecobank ont conclu un partenariat stratégique visant à faciliter l’accès au financement pour les entreprises africaines, en particulier les PME, les femmes entrepreneures et les jeunes porteurs de projets. À travers cette coopération, les deux institutions veulent accélérer le commerce intra-africain, encore largement en dessous de son potentiel.

La dynamique d’intégration économique du continent africain franchit une nouvelle étape. Réunis à Lomé à l’occasion du forum Biashara Afrika 2026, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le groupe bancaire panafricain Ecobank ont officialisé un mémorandum d’entente destiné à renforcer les échanges commerciaux entre les pays africains.
L’accord vise principalement à améliorer l’accès au financement du commerce, considéré comme l’un des principaux freins au développement des échanges intra-africains. Dans ce cadre, Ecobank prévoit de soutenir davantage les entreprises du continent grâce à des mécanismes financiers adaptés aux réalités africaines. Cette coopération intervient quelques semaines après l’annonce par la banque d’une enveloppe de 3 milliards de dollars destinée au financement du commerce africain sur les trois prochaines années, avec l’appui de partenaires internationaux de développement.
Le partenariat accorde une place centrale aux petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu économique africain. Selon les estimations des institutions financières internationales, ces entreprises représentent plus de 80 % des emplois sur le continent, tout en faisant face à des difficultés persistantes d’accès aux crédits et aux marchés régionaux.
Les deux partenaires ambitionnent ainsi de renforcer les capacités des PME afin qu’elles puissent mieux profiter des opportunités offertes par la ZLECAf. Des programmes de formation, des outils d’accompagnement et des réseaux d’affaires devraient être mis à leur disposition. Les entreprises dirigées par des femmes figurent également parmi les priorités du partenariat. À travers son programme Ellevate, Ecobank entend proposer des solutions financières dédiées ainsi que des formations adaptées aux entrepreneures africaines.
Au-delà du financement, l’accord prévoit la mise en place d’une plateforme commerciale continentale destinée à connecter les acteurs économiques africains. L’objectif est de réduire les asymétries d’information qui compliquent souvent les échanges entre entreprises du continent. Le dispositif devrait faciliter les mises en relation entre acheteurs, fournisseurs et organisations professionnelles en s’appuyant sur les bases de données de la ZLECAf et le vaste réseau panafricain d’Ecobank. Les deux institutions souhaitent également mener un plaidoyer commun auprès des autorités réglementaires afin de réduire les barrières non tarifaires, simplifier les procédures douanières et améliorer les systèmes de paiement transfrontalier.
Malgré l’entrée en vigueur de la ZLECAf, les échanges commerciaux entre pays africains demeurent limités. Ils représentent environ 15 % du commerce total du continent, un niveau bien inférieur à celui observé en Europe ou en Asie. Les coûts logistiques élevés, les lenteurs administratives et le déficit de financement continuent de pénaliser les opérateurs économiques. Toutefois, l’essor des plateformes numériques, des banques panafricaines et des initiatives régionales de facilitation des échanges nourrit l’espoir d’une accélération progressive de l’intégration économique africaine. À travers ce partenariat, la ZLECAf et Ecobank entendent ainsi contribuer à la construction d’un marché africain intégré de plus de 1,3 milliard d’habitants, conformément aux ambitions portées par l’Agenda 2063 de l’Union africaine.



