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Sécurité alimentaire mondiale : La faim recule en 2025, mais l’Afrique reste l’épicentre de l’insécurité alimentaire

Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a diminué en 2025, confirmant une amélioration progressive après les fortes tensions observées ces dernières années. Toutefois, les progrès demeurent insuffisants pour atteindre l’objectif “Faim zéro” fixé pour 2030. L’Afrique concentre désormais le plus grand nombre de personnes sous-alimentées, tandis que le coût d’une alimentation saine continue de grimper, révélant les limites des systèmes alimentaires actuels.

Les derniers résultats du rapport annuel sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde dressent un tableau contrasté. En 2025, environ 645 millions de personnes, soit près de 8 % de la population mondiale, étaient confrontées à une sous-alimentation chronique. Cette baisse d’une quinzaine de millions de personnes par rapport à 2024 traduit une amélioration portée principalement par les performances enregistrées en Asie ainsi qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes. La tendance est également perceptible sur l’insécurité alimentaire modérée ou grave, qui touche désormais un peu plus d’un quart de la population mondiale, contre près de trois personnes sur dix cinq ans auparavant. Cette évolution marque un retour progressif à une situation plus favorable après les perturbations provoquées par la pandémie, les conflits géopolitiques et les épisodes inflationnistes.

Derrière ces statistiques encourageantes se cache une réalité plus préoccupante pour le continent africain. Pour la première fois depuis une décennie, la proportion de personnes souffrant de la faim y recule légèrement. Cependant, sous l’effet d’une croissance démographique rapide, le nombre total de personnes concernées continue d’augmenter. Avec près de 309 millions de personnes sous-alimentées, l’Afrique dépasse désormais l’Asie en valeur absolue. Les disparités restent également importantes entre les différentes régions du continent. L’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est enregistrent les niveaux de sous-alimentation les plus élevés, tandis que l’Afrique du Nord présente la situation la plus favorable. Cette évolution illustre un paradoxe économique : une amélioration relative des indicateurs ne suffit pas lorsque la population progresse plus rapidement que les capacités de production, de distribution et de création de revenus.

Les projections des agences internationales montrent que la communauté internationale ne parviendra vraisemblablement pas à éradiquer la faim d’ici à 2030. Même dans un scénario favorable, entre 510 et 520 millions de personnes devraient encore souffrir de sous-alimentation à cette échéance, dont plus de la moitié en Afrique. Cette perspective souligne les conséquences persistantes des conflits armés, des dérèglements climatiques, de la faiblesse des investissements agricoles et des difficultés d’accès aux marchés dans plusieurs économies en développement.

Au-delà de la disponibilité des aliments, leur accessibilité financière demeure un défi majeur. En 2025, près de 2,7 milliards de personnes ne disposaient toujours pas des ressources nécessaires pour adopter une alimentation répondant aux besoins nutritionnels essentiels. Le coût moyen quotidien d’une alimentation équilibrée a progressé d’environ 25 % depuis 2021 pour atteindre 4,28 dollars en parité de pouvoir d’achat. L’Afrique affiche un coût moyen inférieur à celui de l’Amérique latine, mais les revenus plus faibles des ménages rendent cette alimentation largement inaccessible. Près de deux Africains sur trois ne peuvent ainsi se permettre un régime alimentaire sain.

Sur le plan économique, cette situation révèle les insuffisances des chaînes de valeur agroalimentaires. Les coûts de transformation, de transport, de stockage et de commercialisation représentent désormais l’essentiel du prix payé par le consommateur. Pour inverser durablement cette tendance, les organisations internationales recommandent d’accroître les investissements dans la productivité agricole, la recherche, les infrastructures logistiques et la modernisation des marchés. L’amélioration de ces maillons apparaît comme une condition essentielle pour réduire les prix alimentaires, renforcer la sécurité nutritionnelle et soutenir une croissance plus inclusive, particulièrement en Afrique où se jouera une grande partie de la bataille mondiale contre la faim.

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