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Sécurité aérienne : L’OACI recommande le retrait de Garoua et Maroua du trafic international

À quelques mois d’un audit déterminant de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le Cameroun est confronté à un choix délicat : améliorer rapidement ses indicateurs de conformité ou préserver l’ambition d’un maillage aérien équilibré sur l’ensemble du territoire. La recommandation visant à retirer temporairement les aéroports de Garoua et Maroua du réseau international régulier met en lumière les défis structurels du secteur aérien national et les enjeux économiques du désenclavement du Grand Nord.

Le Cameroun se prépare à accueillir en novembre 2026 une mission d’audit du Programme universel de supervision de la sécurité de l’aviation civile (USOAP-CMA) de l’OACI. Cette échéance revêt une importance particulière puisque le dernier contrôle de cette ampleur remonte à 2006.

Lors d’une mission d’assistance menée à Yaoundé par le bureau régional Afrique occidentale et centrale de l’organisation, les autorités camerounaises ont été invitées à accélérer plusieurs réformes afin d’atteindre un niveau de conformité d’au moins 75 % aux standards internationaux de sécurité et de sûreté aériennes. Pour les experts internationaux, ce seuil constitue un indicateur essentiel de crédibilité du système aéronautique national et un facteur déterminant pour l’attractivité du pays auprès des compagnies aériennes et des investisseurs.

Parmi les recommandations formulées, celle concernant les aéroports de Garoua et Maroua suscite le plus de débats. L’OACI suggère leur retrait du réseau international régulier tant que les infrastructures et les équipements n’atteignent pas les niveaux de conformité exigés. L’objectif n’est pas de fermer ces plateformes mais de les exclure du périmètre de calcul utilisé lors de l’évaluation internationale. Une telle mesure permettrait d’éviter que des infrastructures insuffisamment conformes ne pénalisent les performances globales du Cameroun.

Les deux aéroports pourraient néanmoins continuer à accueillir des vols internationaux ponctuels sous autorisation spécifique. Toutefois, cette solution demeure loin des avantages qu’offre une desserte régulière en matière de mobilité des personnes, de commerce et d’attractivité économique.

Au-delà des considérations techniques, cette recommandation relance la question de l’intégration économique des régions septentrionales. Garoua et Maroua constituent des pôles stratégiques pour les échanges avec le Nigeria, le Tchad et, plus largement, l’espace sahélien. La limitation des liaisons internationales régulières pourrait réduire les flux d’affaires, compliquer les déplacements des opérateurs économiques et affaiblir les perspectives de développement du tourisme culturel et de découverte dans cette partie du pays.

À long terme, le défi consiste donc à concilier conformité réglementaire et aménagement équilibré du territoire. Une amélioration durable des infrastructures apparaît comme la seule réponse capable d’éviter que le Grand Nord ne soit marginalisé dans la dynamique de modernisation du transport aérien national.

Parallèlement, l’OACI presse les autorités d’accélérer la mise à niveau de l’aéroport international de Douala, considéré comme la principale porte d’entrée aérienne du pays. Le projet de rénovation en cours mobilise près de 95 milliards de FCFA. Son financement repose sur un montage associant l’État, l’exploitant aéroportuaire et des partenaires internationaux. L’enjeu dépasse la simple modernisation des infrastructures : il s’agit également de renforcer la compétitivité logistique du Cameroun dans un contexte de concurrence croissante entre les hubs aéroportuaires africains.

Les recommandations de l’OACI ne se limitent pas aux infrastructures. L’organisation préconise également l’adoption rapide de nouveaux textes réglementaires, la création d’un organisme indépendant chargé des enquêtes sur les accidents aériens et l’élaboration d’un schéma directeur national de l’aviation civile.  Ces réformes visent à rapprocher le Cameroun des meilleures pratiques internationales en matière de gouvernance du transport aérien. Elles constituent également un signal fort en direction des partenaires financiers et des compagnies étrangères.

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