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Financement du développement : Cap sur les marchés internationaux pour financer l’ambition économique de la Cemac

Après plusieurs années de recours au marché financier régional, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) prépare une nouvelle étape de son expansion. L’institution communautaire envisage désormais de lever des ressources sur les marchés internationaux de capitaux afin de soutenir les besoins croissants de financement des projets structurants dans la zone Cemac. Une stratégie qui traduit à la fois la montée en puissance de la banque et les limites actuelles de l’épargne mobilisable à l’échelle régionale.

Réunis le 12 juin 2026 en Conseil d’administration, les responsables de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale ont validé l’ouverture de démarches destinées à accéder aux marchés financiers internationaux. Cette orientation marque une évolution majeure pour l’institution basée à Brazzaville, qui a jusqu’à présent concentré l’essentiel de ses opérations de mobilisation de ressources sur le marché financier sous-régional. L’initiative pourrait se traduire par l’émission d’un premier eurobond ou par des placements privés auprès d’investisseurs internationaux. Pour la BDEAC, l’enjeu est d’élargir sa base de financement et de disposer de ressources plus importantes afin d’accompagner les besoins d’investissement des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Cette ambition repose sur des signaux encourageants envoyés aux investisseurs. En novembre 2025, l’agence internationale Moody’s a attribué à la BDEAC une notation Ba3 assortie d’une perspective stable. Cette évaluation constitue un atout stratégique dans la recherche de financements extérieurs, en offrant aux investisseurs une meilleure visibilité sur la qualité de crédit de l’institution. Au-delà de la notation, la banque bénéficie également d’une trajectoire financière favorable. Son bénéfice net a progressé de près de 49 % en 2025 pour atteindre 5,2 milliards de FCFA, illustrant une amélioration de ses performances opérationnelles.

Depuis son arrivée sur la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) en 2020, la BDEAC s’est imposée comme l’un des acteurs les plus dynamiques du marché obligataire régional. Grâce à plusieurs émissions réalisées ces dernières années, l’institution est devenue le principal distributeur d’intérêts aux investisseurs de la place financière communautaire. Cette position dominante témoigne de la confiance accordée par les épargnants et investisseurs institutionnels à la signature de la banque. Elle a également contribué à dynamiser un marché financier encore en phase de maturation, dont la profondeur demeure limitée face aux besoins croissants de financement des économies de la région.

L’ouverture vers les marchés internationaux s’inscrit dans le cadre du plan stratégique Azobé 2023-2027. À travers ce programme, la BDEAC ambitionne de mobiliser près de 1 700 milliards de FCFA pour soutenir des projets dans les infrastructures, l’énergie, les transports et l’agro-industrie. D’un point de vue économique, cette stratégie répond à un impératif majeur : combler le déficit de financement du développement dans la zone Cemac. Les besoins d’investissement restent considérables alors que les États font face à des contraintes budgétaires persistantes et à un endettement de plus en plus surveillé.

Avec un portefeuille de 87 prêts représentant plus de 723 milliards de FCFA d’encours en 2025, la BDEAC apparaît désormais comme un instrument essentiel de financement du secteur public et du secteur privé. Son accès aux capitaux internationaux pourrait ainsi accroître sa capacité d’intervention et renforcer son rôle de catalyseur de l’intégration économique régionale.

En choisissant de franchir les frontières du marché financier communautaire, la banque de développement de la Cemac cherche non seulement à diversifier ses ressources, mais également à inscrire la sous-région dans les grands circuits mondiaux de financement. Une évolution qui pourrait constituer un tournant dans la mobilisation des capitaux nécessaires à la transformation économique de l’Afrique centrale.

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