Coopération Sud-Sud : Le Brésil met son expertise au service du Kenya pour renforcer l’accès à l’eau dans les régions frappées par la sécheresse
Le Brésil et le Kenya franchissent une nouvelle étape dans leur coopération en matière de résilience climatique. À travers un appui technique au programme kényan Maji Plus, Brasilia partage l’expérience acquise avec son programme national de citernes, considéré comme l’une des politiques publiques les plus efficaces pour améliorer l’accès à l’eau en milieu rural. Cette collaboration illustre la montée en puissance de la coopération Sud-Sud comme levier de développement face aux défis climatiques.

Le Brésil a officiellement lancé son accompagnement technique au profit du Kenya afin d’accélérer la mise en œuvre du programme Maji Plus, destiné à améliorer l’accès à l’eau potable dans les zones arides et semi-arides du pays. Cette première étape a été marquée par une rencontre virtuelle réunissant les autorités des deux États, des partenaires techniques ainsi que des représentants de la société civile. Au cœur des échanges figurait le modèle brésilien de collecte des eaux de pluie, développé depuis plusieurs années grâce au programme national de citernes. Cette initiative a permis d’équiper plus d’un million de familles rurales ainsi que plusieurs milliers d’établissements scolaires, réduisant durablement la vulnérabilité des populations face aux épisodes de sécheresse.
Les responsables brésiliens ont expliqué que le succès de cette politique repose autant sur des infrastructures simples et peu coûteuses que sur une forte implication des communautés locales et des institutions publiques.
Le Kenya ambitionne désormais de reproduire une partie de cette expérience avec Maji Plus, un programme qui prévoit l’installation de systèmes de récupération des eaux de pluie dans les écoles et les villages des régions les plus exposées au stress hydrique. Selon les autorités kényanes, près de 420 000 personnes pourraient bénéficier directement de cette initiative, qui vise simultanément à améliorer l’accès à l’eau, renforcer la sécurité alimentaire et limiter les conséquences économiques des sécheresses répétitives. Les discussions ont également porté sur les mécanismes de financement, le cadre réglementaire, la participation des organisations communautaires et les conditions nécessaires pour assurer la pérennité des infrastructures.
Cette première phase de coopération sera prolongée par une mission d’étude de responsables kényans au Brésil. Les participants pourront observer sur le terrain les méthodes de conception, de construction et de maintenance des citernes, mais aussi les mécanismes de gouvernance locale qui ont permis au programme brésilien de produire des résultats durables. Cette immersion devrait faciliter l’adaptation des solutions aux réalités environnementales et sociales du Kenya, plutôt qu’une simple reproduction du modèle brésilien.
Au-delà de l’aspect technique, ce partenariat illustre une évolution des politiques internationales de développement. Les pays du Sud échangent désormais davantage leurs propres solutions face aux défis communs liés au changement climatique, à la sécurité alimentaire et à la gestion durable des ressources naturelles. Contrairement aux modèles traditionnels d’assistance, cette coopération repose sur le partage d’expériences adaptées à des contextes économiques comparables, offrant souvent des solutions moins coûteuses et plus facilement reproductibles.
L’initiative présente un intérêt économique majeur. Dans les régions arides, l’insuffisance d’accès à l’eau freine la production agricole, réduit les revenus des ménages et accroît les dépenses publiques consacrées aux secours d’urgence lors des épisodes de sécheresse. En favorisant la collecte des eaux de pluie, le Kenya pourrait réduire progressivement les coûts liés aux crises climatiques tout en améliorant la productivité agricole, la fréquentation scolaire et les conditions sanitaires. À moyen terme, ces investissements renforcent le capital humain et contribuent à une croissance plus inclusive.
Pour le Brésil, ce partenariat constitue également un instrument d’influence internationale. En exportant son savoir-faire dans la gestion de l’eau, Brasilia consolide son rôle de référence parmi les économies émergentes et renforce sa diplomatie de développement. Cette collaboration démontre enfin que les investissements dans les infrastructures hydriques ne répondent pas uniquement à des impératifs sociaux ou environnementaux. Ils deviennent un facteur de compétitivité économique, de stabilité des territoires et de résilience face aux effets croissants du changement climatique.



