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Éducation et développement : Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, le projet READ veut transformer l’école en moteur de résilience pour les enfants vulnérables

Face aux conséquences des crises sécuritaires et humanitaires dans l’Extrême-Nord, le projet READ mise sur l’éducation comme levier de développement durable. Financé par le Canada à hauteur de 14,261 millions de dollars canadiens, ce programme cible près de 40 000 enfants et jeunes réfugiés, déplacés internes et issus des communautés hôtes. Réunis à Yaoundé le 28 juillet 2026, les partenaires ont dressé un bilan encourageant tout en préparant la pérennisation des acquis.

Dans les communes de Fotokol, Makary, Mora, Kolofata, Mokolo, Koza et Mayo-Moskota, l’accès à l’éducation reste un défi pour des milliers d’enfants affectés par les déplacements forcés et l’insécurité. Le manque d’infrastructures scolaires, les difficultés administratives et la précarité des familles continuent d’alimenter le décrochage scolaire. Pour répondre à cette situation, le projet Refugee Education and Development (READ), déployé au Cameroun et au Niger, entend replacer l’école au cœur de la reconstruction des communautés. À Yaoundé, la quatrième session du Comité national de pilotage a permis aux représentants du gouvernement, du Canada, du HCR, des collectivités territoriales et des organisations communautaires d’évaluer les progrès réalisés et de définir les priorités de la dernière phase du programme.

Doté d’un financement de 14,261 millions de dollars canadiens, soit environ 6,4 milliards de FCFA, le projet ambitionne d’améliorer les conditions d’apprentissage de 39 859 enfants et jeunes, dont plus de 20 700 filles. Au-delà de l’accès à l’école, l’initiative prévoit le renforcement des organisations dirigées par les réfugiés et déplacés internes, le financement de solutions éducatives inclusives et la promotion de l’égalité de genre. Cette approche traduit une évolution des politiques de coopération internationale. L’objectif ne consiste plus uniquement à répondre à l’urgence humanitaire, mais à construire des systèmes éducatifs capables de soutenir le développement économique local. En investissant dans les compétences des jeunes, le programme cherche à réduire les risques d’exclusion sociale et à améliorer les perspectives d’insertion professionnelle à moyen terme.

Les responsables du projet estiment que les résultats obtenus devront désormais être consolidés par une plus grande implication des acteurs locaux. Les communes, les associations de réfugiés et les organisations de la société civile sont appelées à jouer un rôle plus important dans la gouvernance des actions afin d’assurer leur continuité après la fin du financement international. Cette logique de localisation répond à une tendance croissante dans les programmes de développement, qui privilégient des solutions conçues et pilotées par les communautés directement concernées.

L’impact attendu du projet dépasse largement les salles de classe. Une meilleure scolarisation contribue à limiter le travail des enfants, favorise la participation économique des femmes grâce à la poursuite des études des filles et renforce la cohésion sociale dans des territoires fragilisés par les crises. Pour les partenaires techniques et financiers, l’éducation constitue ainsi un investissement productif. En améliorant les qualifications des jeunes générations, elle participe à la constitution d’un capital humain indispensable à la relance économique de l’Extrême-Nord, région confrontée depuis plusieurs années aux effets conjugués de l’insécurité, des déplacements de populations et de la pauvreté.

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