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Urgence et ambition : Les chantiers phares de Camwater pour maîtriser l’or bleu

Projet de reconfiguration du réseau et branchements d'urgence à Yaoundé ; extension industrielle à Japoma ; équité hydrique dans les villes secondaires et les zones semi-urbaines ; offensive sociale de 200 bornes-fontaines communautaires ; campagne spéciale de 200 000 nouveaux branchements… La Cameroon Water Utilities Corporation est engagée dans une phase de transformation infrastructurelle sans précédent. Face à un réseau public qui autrefois ne couvrait historiquement que 29 % des ménages, le top management de l'entreprise publique a déployé une série de projets d'urgence et de modernisation d'envergure. Un cap jusqu'ici fermement maintenu malgré les défis.

Le secteur hydraulique camerounais connaît une véritable mue. Entre extensions de stations de traitement, reconfiguration des réseaux métropolitains et solutions de proximité, les chantiers intensifs de la Camwater sonne la Renaissance d’un secteur au passé agonisant.

À Yaoundé et ses environs, le chantier de la reconfiguration du réseau et les branchements d’urgence battent leur plein. Financer à hauteur de 87 milliards de FCFA grâce à la coopération belge et rendu à sa phase opérationnelle, le Projet de reconfiguration et de modernisation du réseau d’eau potable de Yaoundé met le cap sur l’absorption puis la distribution efficace de jusqu’à 480 000 m³ d’eau par jour. Pour y parvenir sur une période de 36 mois, le programme déploie des infrastructures lourdes.

Sur le terrain les travaux de construction de 5 stations de reprise et de 3 grands réservoirs font leur chemin. Le premier ayant été lancé à Minkoameyos dans l’arrondissement de Yaoundé 7 avec en vue 13 000 m³ de capacités additionnelles.

 Outre la pose de 160 km de nouvelles canalisations pour alimenter les zones jusqu’ici privées de pression stable (comme Oyom-Abang, Nkolbisson ou Mbalgong) ainsi que le renouvellement des conduites vétustes. Le projet profitera aussi aux villes universitaires et résidentielles voisines telles que Soa, Mfou.

Une suite logique qui couronne les branchements d’urgence. Parallèlement à la reconfiguration des canalisations principales, le volet social et technique du projet intègre la réalisation immédiate de 30 000 nouveaux branchements (sociaux et ordinaires). Ce plan qui permettra de connecter directement les ménages aux nouveaux flux d’eau afin d’élever le rendement global du réseau à 75 % et de mettre fin à l’obligation pour les riverains d’attendre des heures tardives pour voir l’eau couler à forte pression.

Douala, le visage de l’extension industrielle depuis Japoma

La capitale économique n’est pas en reste face au stress hydrique. Afin de rapprocher davantage l’eau potable des populations, le Directeur Général de la Camwater, Blaise Moussa et le groupe INRIGO ont scellé le 19 juin 2025, un accord relatif à la réalisation des travaux de réhabilitation et l’extension de l’usine de traitement de Japoma. Un chantier stratégique dont la visée est de résoudre de manière durable les pénuries d’eau. Au-delà de faire passer la capacité de traitement de l’usine de 55 000 m³/jour à 123 000 m³/jour, apportant un supplément de 68 000 m³/jour. Ce projet devrait impacter positivement plus d’un million d’habitants à Douala en améliorant significativement l’accès à une eau de qualité.  Une étape significative dans l’ambition nationale d’atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 85% en milieu urbain et périurbain d’ici 2032.

Une campagne spéciale de 200 000 nouveaux branchements

Soutenu par une enveloppe de 10 milliards de FCFA octroyé par l’Etat. La campagne spéciale des 200 000 branchements neufs est une initiative nationale majeure lancée par la Camwater (Cameroon Water Utilities Corporation) au Cameroun. Elle vise à faciliter l’accès à l’eau potable pour les ménages à travers le pays. À en croire la vision globale, cette opération constitue la première phase d’un programme présidentiel plus large visant 1 million de raccordements sur 5 ans, à raison de 200 000 nouveaux branchements par an.

Pour la rendre davantage crédible et transparente, les équipes de la Camwater mènent des caravanes de proximité, ce qui permet aux demandeurs de s’nscrire et se faire raccorder directement sur le terrain. De plus, afin d’éviter toute arnaque ou surfacturation, la direction générale de la Camwater a clarifié la structure des coûts. Ainsi, le nom « 200 000 » désigne l’objectif quantitatif de nouveaux abonnés et non le prix du branchement ; le tarif officiel d’un branchement social simple (pour une distance inférieure à 50 mètres) est fixé à 117 000 FCFA ; Tout montant supérieur exigé sur le terrain doit être rigoureusement justifié par un chef d’agence (par exemple, en cas de besoin d’extension spécifique du réseau).

L’offensive sociale à 200 bornes-fontaines communautaires

Pour pallier immédiatement les insuffisances des canalisations domiciliaires, la Cameroon Water Utilities Corporation a lancé un vaste programme de proximité à forte utilité sociale : la construction de 200 nouvelles bornes-fontaines publiques à gestion communautaire. Déployé sur l’ensemble des dix régions du Cameroun en étroite collaboration avec les collectivités territoriales décentralisées, ce projet a pour objectif de réduire drastiquement les distances de portage pour les populations les plus vulnérables des zones périurbaines et rurales. S’inscrivant en droite ligne de l’adresse à la nation du Président Paul Biya, le 31 décembre 2025 qui prescrivait l’intensification des travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux de distribution pour répondre durablement aux besoins. Les nouvelles bornes-fontaines en construction se veulent être une réponse immédiate pour les populations des zones à forte tension hydrique.

Selon les données de la Cameroon Water Utilities Corporation, 50 bornes-fontaines seront construites à Yaoundé, 50 à Douala et 10 dans chacune des dix régions. « À l’issue de cette phase pilote de six mois, l’opération sera progressivement étendue, en fonction des résultats obtenus, des besoins exprimés par les CTD et de la disponibilité des ressources, afin de couvrir un nombre accru de zones prioritaires à forte tension hydrique », indiquait il y a peu la société.

À l’assaut de l’équité territoriale pour les villes secondaires et zones semi-urbaines

L’action de la Cameroon Water Utilities Corporation se déploie également au-delà des deux grandes métropoles via le Projet d’Alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu semi-urbain (PAEPA-MSU). Initiative du gouvernement camerounais financée par le Fonds Africain de Développement (FAD), le projet cible 19 communes réparties dans plusieurs régions notamment le Centre, l’Extrême-Nord, le Littoral, l’Ouest, le Sud et le Sud-Ouest (avec des localités comme Bafia, Akono, Bangangté, Foumban, Kousséri, Ebolowa, Kumba …)

Si le programme devrait toucher plus d’un million de personnes afin de leur offrir un meilleur cadre de vie et réduire les maladies d’origine hydrique. Ce chantier d’envergure met aussi un accent particulier sur la réhabilitation ou construction de points d’eau, de mini-stations de traitement, de réseaux d’adduction d’eau et d’ouvrages d’assainissement (comme des blocs de latrines publiques ou scolaires).

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