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Assurance du patrimoine public : Le Feicom engage 1,46 milliard pour assurer 263 engins lourds auprès d’AXA

Le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) va consacrer 1,466 milliard de FCFA TTC à l’assurance de 263 engins lourds sur une période de trois ans. Un marché attribué à AXA Assurances SA, dans le cadre d’une procédure de gré à gré autorisée par le ministère des Marchés publics. Au-delà du montant, cette opération illustre les enjeux financiers liés à la protection d’un parc d’équipements publics destiné aux collectivités territoriales.

Le Feicom renforce la couverture assurantielle de son patrimoine roulant. AXA Assurances SA a été retenue pour assurer 263 engins lourds appartenant au parc de l’institution, pour une enveloppe globale de 1,466 milliard de FCFA TTC. La décision d’attribution a été prise le 2 septembre 2026 et rendue publique le 9 septembre par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP).

L’opération est structurée autour de trois lots. Le premier représente 408,03 millions de FCFA, le deuxième 687,99 millions et le troisième 370,02 millions. Le lot 2 absorbe ainsi près de 47% du montant total, loin devant les deux autres composantes. Cette répartition soulève toutefois une question importante sur la structure du parc assuré. Les informations publiées ne permettent pas de savoir combien d’engins sont rattachés à chaque lot, ni s’il existe une différence significative entre leurs catégories, leurs valeurs ou leur niveau d’exposition aux risques.

Une facture annuelle proche de 489 millions

Sur la base d’une simple répartition comptable, le marché représente environ 488,7 millions de FCFA par an. Une lecture mécanique du montant donne également un coût moyen de 5,57 millions de FCFA par engin sur trois ans, soit environ 1,86 million de FCFA par équipement et par an. Ces ratios doivent cependant être maniés avec prudence. Ils ne constituent pas une prime uniforme appliquée aux 263 équipements. La tarification d’une assurance portant sur des engins lourds dépend notamment de la valeur des matériels, de leur ancienneté, de leur utilisation, de leur localisation et des risques effectivement transférés à l’assureur. L’enjeu financier du contrat réside donc moins dans le coût moyen par engin que dans l’adéquation entre la prime versée et le niveau de protection obtenu. Sans connaître la valeur du parc, les garanties retenues, les plafonds d’indemnisation et les franchises, il reste difficile d’évaluer l’efficience économique de la dépense.

La logique économique derrière la couverture

Pour le Feicom, l’assurance constitue avant tout un mécanisme de protection du capital public. Les engins lourds représentent des actifs coûteux dont la détérioration ou la destruction peut entraîner une charge budgétaire importante. Le transfert d’une partie de ces risques à un assureur permet donc de réduire l’exposition directe de l’institution aux sinistres. Cette logique prend une importance particulière dans le contexte de la montée en puissance des investissements destinés aux collectivités territoriales. Lorsque les équipements financés ou mis à disposition ont une forte valeur unitaire, leur immobilisation à la suite d’un accident peut également provoquer un coût indirect, lié à l’interruption des activités. Le contrat doit ainsi être apprécié à travers un double prisme : le prix payé et la capacité de la police à préserver la valeur économique du parc.

Un gré à gré qui mérite d’être documenté

Le marché découle du dossier de consultation n°04/DC/Feicom/CIPM/2026 lancé le 11 juin 2026. Sa passation en procédure de gré à gré avait été préalablement autorisée par le ministère des Marchés publics, dans une correspondance datée du 4 juin. Cette modalité ne signifie pas, en elle-même, une absence de contrôle. Elle rend toutefois particulièrement utile la publication d’éléments permettant de comprendre les conditions économiques ayant conduit au choix du prestataire et au montant retenu.

À ce stade, l’ARMP ne précise ni les garanties détaillées, ni les franchises, ni les exclusions, ni la valeur globale des équipements couverts. L’échéancier des paiements et la date exacte de prise d’effet de la police ne sont pas non plus indiqués. Pour le Feicom, la prochaine étape consistera à formaliser la mise en œuvre du contrat avec AXA Assurances. Pour les observateurs des finances publiques, l’intérêt sera surtout de mesurer, à terme, si les 1,466 milliard de FCFA engagés permettent effectivement de sécuriser durablement un patrimoine d’équipements dont la vocation est de soutenir l’action des collectivités locales.

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