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Port autonome de Kribi : Classé 151e sur 925 ports dans l’indice de connectivité portuaire de la CNUCED au deuxième trimestre 2026

Le Port autonome de Kribi (PAK) confirme son changement d’échelle. Classé 151e sur 925 ports dans l’indice de connectivité portuaire de la CNUCED au deuxième trimestre 2026, l’infrastructure camerounaise figure désormais parmi les 17 % de ports les mieux connectés au monde. Avec un score de 172,8 points, en progression de 13,4 % sur un an, Kribi contribue largement à la remontée du Cameroun, classé 53e sur 178 économies, avec une amélioration de 6,7 %.

Huit ans après le démarrage de son exploitation commerciale, le port en eau profonde de Kribi semble progressivement transformer la position du Cameroun dans le commerce maritime international. Son classement au 151e rang mondial constitue surtout un indicateur de son insertion croissante dans les réseaux réguliers de transport de conteneurs.

L’indice de la CNUCED ne repose pas uniquement sur les infrastructures disponibles. Il prend en compte les services effectivement proposés par les compagnies maritimes, notamment le nombre de dessertes régulières, les escales, les capacités déployées, les compagnies présentes, la taille des navires accueillis et le nombre de ports accessibles directement.

Avec 172,8 points, Kribi se situe ainsi 73 % au-dessus de la moyenne mondiale, fixée à 100 points. Cette performance traduit une évolution du rôle du port : d’une infrastructure nouvelle destinée à renforcer les capacités portuaires nationales, Kribi devient progressivement une plateforme intégrée aux chaînes logistiques internationales.

Cinq armateurs, six services directs et 559 escales

Le principal enseignement économique du classement réside dans la présence régulière des grands armateurs. Cinq compagnies desservent actuellement Kribi à travers six services directs. Parmi elles figurent MSC, CMA CGM, COSCO Shipping et Maersk, quatre acteurs majeurs du transport maritime mondial, auxquels s’ajoute Marguisa. Ces lignes relient directement le Cameroun à plusieurs grands pôles commerciaux, notamment l’Asie de l’Est et du Sud-Est, l’Asie-Pacifique, l’Europe occidentale et le golfe de Guinée. Pour les entreprises importatrices et exportatrices, la multiplication des connexions directes peut réduire les ruptures de charge, les délais liés au transbordement et certains coûts logistiques.

La progression de l’activité est également visible dans les statistiques d’escales. Kribi est passé de 295 escales en 2018 à 559 en 2025, soit presque un doublement en sept ans. Dans le même temps, le terminal à conteneurs a traité 555 398 EVP en 2025, en hausse de 19 % sur un an. Cette dynamique donne une assise commerciale aux ambitions régionales du port. Au-delà du marché camerounais, Kribi cherche à capter une partie des flux à destination ou en provenance de pays enclavés comme le Tchad et la République centrafricaine, tout en pouvant redistribuer certaines marchandises vers d’autres ports de la sous-région.

L’avantage de la profondeur, mais surtout celui de la capacité

La compétitivité de Kribi repose aussi sur ses caractéristiques physiques. Avec environ 16 mètres de profondeur, le port peut accueillir des navires pouvant atteindre près de 24 000 EVP et environ 400 mètres de longueur. Sa capacité annuelle, supérieure à 1 million d’EVP, constitue un autre atout dans un contexte où les échanges conteneurisés africains sont appelés à progresser. L’enjeu n’est donc plus seulement de disposer d’un port capable d’accueillir de grands navires, mais de maintenir suffisamment de trafic pour rentabiliser les capacités installées et attirer durablement les lignes internationales. La hausse de 13,4 % du score de connectivité en un an suggère que Kribi est encore dans une phase d’expansion de son réseau. Pour l’économie camerounaise, l’effet recherché est double : accroître les échanges extérieurs et améliorer la compétitivité logistique des producteurs locaux.

Connecter Kribi à son arrière-pays

La performance maritime ne suffira toutefois pas à faire de Kribi une véritable plateforme logistique régionale. La compétitivité d’un port dépend également de sa capacité à acheminer rapidement les marchandises vers les zones de production et de consommation. Deux projets pourraient renforcer cette dimension terrestre. La route Ebolowa-Akom II-Kribi bénéficie d’un financement de 138,23 milliards de FCFA auprès de Standard Chartered Bank Londres, avec un avis de non-objection obtenu en décembre 2025.

Sur le volet ferroviaire, le projet Édéa-Kribi-Lolabé-Campo demeure à une étape plus préliminaire. Un protocole d’accord signé le 4 juin 2026 entre l’État, CAMALCO et Africa Global Logistics doit notamment permettre d’engager les études de faisabilité. L’amélioration de ces connexions terrestres serait déterminante pour transformer la progression de l’indice maritime en gains économiques plus larges. Car derrière le 151e rang mondial de Kribi et le 53e rang du Cameroun, l’enjeu est moins symbolique que commercial : faire du port une porte d’entrée et de sortie compétitive pour les marchandises camerounaises et celles de l’hinterland centrafricain et tchadien. À terme, la combinaison entre six services réguliers, 559 escales annuelles, plus de 555 000 EVP traités et une capacité dépassant 1 million d’EVP pourrait ainsi faire de Kribi l’un des principaux leviers de repositionnement logistique du Cameroun en Afrique centrale.

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