Lutte contre la faim et la pauvreté : L’Éthiopie propose la COP32 pour accueillir le prochain sommet de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté
Réunis à Rome le 16 octobre 2026, les dirigeants de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté ont salué l’offre de l’Éthiopie d’accueillir leur deuxième réunion des dirigeants en marge de la COP32, prévue en 2027 à Addis-Abeba. Ils ont également soutenu l’accélération des travaux sur un mécanisme de financement collaboratif et lancé les préparatifs d’une nouvelle campagne internationale en faveur de la sécurité alimentaire et de la protection sociale.

L’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté entend franchir un nouveau cap dans la coordination des politiques de développement à l’approche de l’échéance de 2030. Lors de la quatrième réunion de son Conseil des champions, organisée le 16 octobre 2026 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, les responsables de la coalition ont accueilli favorablement la proposition de l’Éthiopie d’abriter sa deuxième réunion des dirigeants en marge de la 32e Conférence des Nations unies sur le climat (COP32). Prévue à Addis-Abeba en 2027, cette rencontre pourrait renforcer les liens entre les enjeux climatiques, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Elle s’inscrit dans une année jugée déterminante pour l’Alliance, qui entend démontrer les résultats de son approche fondée sur les priorités nationales et la mobilisation coordonnée des partenaires au développement.
Des programmes nationaux en phase d’accélération
Les échanges de Rome ont permis de faire le point sur plusieurs initiatives nationales engagées dans le processus d’accompagnement de l’Alliance. L’objectif est de rapprocher les interventions des partenaires techniques et financiers, de réduire les difficultés de coordination entre les administrations publiques et de faciliter le passage de la conception des programmes à leur mise en œuvre. Au Kenya, les échanges d’expériences avec le Brésil ont notamment contribué à la création d’un registre social ayant déjà recensé environ 4,4 millions de personnes. Selon Lynett Ochuma, directrice du développement social au département d’État chargé de la protection sociale et des affaires des personnes âgées, ces apprentissages entre pays ont permis d’accélérer les progrès.
Une nouvelle mission d’échange dans la région brésilienne du Pernambouc doit également inspirer le programme Maji Plus, soutenu par l’Alliance, qui vise à améliorer l’accès à l’eau dans les écoles et les communautés des zones arides et semi-arides du Kenya. En Éthiopie, le programme Yelemat Tirufat Plus, engagé dans la quatrième étape du processus de partenariat de l’Alliance, se rapproche de la phase de mise en œuvre intégrale. Selon Samuel Ayenew Yeshaneh, représentant permanent suppléant du pays auprès des organisations internationales basées à Rome, cette initiative poursuit plusieurs objectifs : éliminer la faim, renforcer les capacités des petits exploitants agricoles et améliorer la résilience des systèmes alimentaires.
À Cuba, deux plans de programmes destinés à stabiliser la production alimentaire locale et à renforcer la protection sociale ont suscité des manifestations d’intérêt de sept membres de l’Alliance depuis leur ouverture aux propositions de partenariat, le 17 septembre 2026. Le Mozambique, qui a rejoint le Conseil des champions en mai 2026, a pour sa part engagé un processus visant à élargir la couverture de la protection sociale. Un atelier organisé à Maputo a réuni les autorités et leurs partenaires autour des réformes de la politique sociale. La ministre du Travail, du Genre et de l’Action sociale, Ivete Angela dos Anjos Ferrão Alane, a insisté sur la nécessité de faire du document de programmation un véritable instrument d’alignement des politiques publiques.
Un mécanisme pour mieux coordonner les financements
Au-delà des programmes nationaux, les champions ont soutenu la prochaine étape de conception du Collaborative Financing Framework (CFF), un cadre de financement collaboratif destiné à renforcer la lutte contre la faim et la pauvreté. Présentée comme une démarche volontaire et flexible, cette initiative doit aider les pays à mieux articuler les subventions, les ressources nationales et les financements multilatéraux autour de leurs programmes prioritaires. Elle vise également à limiter les chevauchements entre interventions et à réduire les coûts administratifs liés à la mobilisation des ressources.
Une première composante a été lancée le 12 octobre 2026, à Bangkok, en marge des réunions annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Il s’agit d’un espace dédié à la protection sociale au sein de la plateforme mondiale de cofinancement collaboratif des banques multilatérales de développement, hébergée par la Banque mondiale. Pour Iffath Sharif, directrice mondiale de la protection sociale à la Banque mondiale, ce portail doit rester piloté par les pays, aligné sur les priorités de l’Alliance et adapté aux besoins de financement des programmes. Il complète notamment l’objectif SP500, consacré à l’élargissement de la couverture de la protection sociale.
Les responsables ont également appelé à mieux mobiliser les financements philanthropiques et les capitaux privés, tout en encourageant une participation accrue des acteurs du financement climatique. L’enjeu est de diversifier les sources de ressources disponibles pour soutenir les politiques nationales, dans un contexte de besoins croissants.
Cap sur 2030, avec une nouvelle campagne mondiale
À l’approche du deuxième anniversaire de l’Alliance, le 18 novembre 2026, ses membres préparent le lancement de la campagne mondiale « The Race to 2030 ». Celle-ci doit permettre d’évaluer les engagements pris par les pays membres et les progrès réalisés dans le cadre des initiatives visant à renforcer la sécurité alimentaire et la protection sociale. Cette mobilisation intervient alors que les conflits, les tensions géopolitiques et la contraction de l’aide publique au développement compliquent le financement des politiques sociales dans plusieurs pays. La campagne entend ainsi renouveler l’engagement politique en faveur des objectifs de développement durable (ODD) 1, relatif à l’élimination de la pauvreté, et 2, consacré à l’élimination de la faim.
Pour 2027, les membres du Conseil des champions souhaitent faire de la coordination internationale autour des plans nationaux un levier de résultats concrets. Ils ont également approuvé les préparatifs du renouvellement du Conseil, de ses coprésidents et de son groupe central, une transition dont l’entrée en vigueur est prévue au début de 2028.



