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Climat : Le seuil de 1,5 °C désormais hors d’atteinte, l’ONU appelle à limiter les dégâts

Plus de dix ans après l’Accord de Paris, les engagements climatiques des États restent insuffisants pour contenir le réchauffement mondial à 1,5 °C. Dans son rapport 2026 sur les émissions, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que le dépassement de ce seuil est désormais inévitable et appelle à accélérer les réductions d’émissions, tout en renforçant les financements destinés à l’adaptation, particulièrement dans les pays en développement.

Le cap des 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris en 2015 s’éloigne davantage. Dans son Emissions Gap Report 2026, publié le 21 octobre, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) constate que la possibilité de limiter le réchauffement à ce niveau sans dépassement, ou avec un dépassement limité, n’est plus accessible. L’enjeu consiste désormais à réduire l’ampleur et la durée de cette hausse des températures, avant de tenter de revenir à 1,5 °C ou moins d’ici à 2100. Ce constat intervient alors que les politiques climatiques engagées à l’échelle mondiale ne produisent pas encore les réductions d’émissions nécessaires. Selon le PNUE, les trajectoires actuelles exposent la planète à un réchauffement sensiblement supérieur aux objectifs internationaux, avec des conséquences économiques et environnementales croissantes.

Les projections du PNUE illustrent l’écart entre les ambitions climatiques et les politiques effectivement mises en œuvre. Si les États maintiennent leurs politiques actuelles, le réchauffement mondial pourrait atteindre environ 2,8 °C au cours du siècle. La mise en œuvre intégrale de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), qui regroupent les engagements de réduction des émissions présentés dans le cadre de l’Accord de Paris, ramènerait cette projection à 2,6 °C. Le respect des objectifs supplémentaires de neutralité carbone annoncés par les pays pourrait limiter la hausse à 2,1 °C. Même dans cette hypothèse, le monde resterait au-dessus du seuil de 1,5 °C. Le scénario de dépassement minimal étudié par le rapport prévoit, quant à lui, un pic de réchauffement compris entre 1,7 et 1,8 °C vers le milieu du siècle, suivi d’une diminution progressive. Cette trajectoire suppose toutefois des transformations rapides et profondes des systèmes énergétiques et économiques.

Pour limiter le dépassement, les efforts devront changer d’échelle. Par rapport aux niveaux de 2025, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient diminuer de 18 % d’ici à 2030, de 45 % à l’horizon 2035 et de 69 % en 2040. Cela implique une baisse annuelle moyenne proche de 6 % jusqu’en 2035. Or, même appliqués intégralement, les plans climatiques nationaux actuels ne permettraient de réduire les émissions que de 5 à 8 % en 2030 et de 11 à 15 % en 2035. À cette dernière échéance, l’effort nécessaire serait donc trois à quatre fois supérieur à celui attendu des engagements existants.

Le niveau des émissions mondiales confirme l’ampleur du défi. Le PNUE les estime à environ 58,4 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ en 2025, un volume globalement comparable à celui de 2024, compte tenu des incertitudes. Les émissions de CO₂ liées aux combustibles fossiles ont continué de progresser, tandis que celles de méthane sont restées stables.

Malgré ce bilan préoccupant, le PNUE souligne que les politiques climatiques ont produit certains résultats. Depuis 2015, les capacités mondiales de production d’électricité renouvelable ont augmenté trois fois plus vite que prévu, tandis que le déploiement du solaire photovoltaïque a été sept fois plus rapide, selon sa directrice exécutive, Inger Andersen. Mais la transition énergétique ne suffit pas à supprimer les risques déjà engagés. Pour les pays africains, particulièrement exposés aux sécheresses, aux inondations et aux perturbations agricoles, le renforcement des capacités d’adaptation demeure essentiel.

Dans son Adaptation Gap Report 2025, le PNUE évaluait les besoins annuels des pays en développement à 310 milliards de dollars en 2035, selon les coûts modélisés, et à 365 milliards de dollars sur la base des besoins exprimés dans leurs plans nationaux. En comparaison, les financements publics internationaux consacrés à l’adaptation n’atteignaient que 26 milliards de dollars en 2023, contre 28 milliards un an plus tôt. L’écart de financement menace notamment les investissements nécessaires à la protection contre les inondations, à l’adaptation de l’agriculture, à la gestion des ressources en eau et à la restauration des écosystèmes côtiers.

À l’approche de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, le rapport remet ainsi au centre des négociations deux priorités : accélérer la baisse des émissions mondiales et mobiliser davantage de ressources pour protéger les économies et les populations les plus vulnérables.

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