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Agro-industrie : L’alimentation animale propulse l’Afrique en tête de la croissance mondiale en 2025

Portée par l’essor de l’aquaculture, la progression des élevages intensifs et la montée de la demande en protéines animales, l’Afrique s’est imposée en 2025 comme la région la plus dynamique au monde dans l’industrie de l’alimentation animale. Selon le dernier rapport d’Alltech, le continent affiche une croissance largement supérieure à la moyenne mondiale, confirmant une transformation structurelle des systèmes d’élevage.

L’année 2025 marque un tournant pour l’industrie africaine de l’alimentation animale. D’après le rapport Agri-Food Outlook publié par la firme américaine Alltech le 21 avril 2026, la production continentale a atteint 64,2 millions de tonnes, soit une hausse de 11,5 % par rapport à l’année précédente. Ce rythme dépasse très largement la moyenne mondiale, estimée à 2,9 %, et place l’Afrique au premier rang des régions les plus performantes pour la deuxième année consécutive. Cette progression traduit une évolution profonde des modèles d’élevage, avec une adoption croissante des systèmes intensifs nécessitant davantage d’aliments formulés. L’augmentation de la consommation de protéines animales, notamment dans les grandes agglomérations, continue également de soutenir cette dynamique sur l’ensemble du continent.

Le segment le plus spectaculaire reste celui de l’aquaculture. Après avoir figuré parmi les moins performants en 2024, il devient en 2025 le principal moteur de croissance du secteur. La production d’aliments destinés aux poissons et autres espèces aquatiques a bondi de 27,5 %, atteignant 2,1 millions de tonnes, alors que la progression mondiale sur ce segment reste inférieure à 5 %. Cette performance s’explique en grande partie par la forte expansion observée en Égypte, où les volumes ont progressé de 36 %. Leader africain de l’aquaculture, le pays consolide ainsi sa place stratégique dans la filière, notamment sur le marché du tilapia où il figure parmi les principaux producteurs mondiaux. Malgré des contraintes persistantes liées à l’accès à l’eau, l’industrie égyptienne continue de tirer la croissance régionale.

Derrière l’aquaculture, les aliments destinés aux vaches laitières enregistrent également une forte progression. La production a atteint 10 millions de tonnes, en hausse de 13,5 % sur un an. Cette évolution reflète la modernisation progressive des exploitations laitières, notamment en Afrique australe et en Afrique de l’Est, où les élevages se professionnalisent et consomment davantage d’aliments composés. La volaille demeure toutefois le pilier central du marché africain, représentant plus de 45 % des volumes produits. Les aliments pour poulets de chair ont dépassé les 20 millions de tonnes, avec une croissance record de 12,7 %, soutenue principalement par l’essor de la production en Égypte, premier producteur africain de poulets. Le segment des poules pondeuses suit la même tendance avec près de 9,7 millions de tonnes produites, tandis que les filières porcine et bovine affichent elles aussi des progressions solides.

Malgré ces résultats encourageants, les perspectives pour 2026 s’annoncent plus complexes. Les analystes d’Alltech estiment que l’industrie agroalimentaire mondiale entre dans une nouvelle phase marquée par des risques plus nombreux et moins prévisibles. Le changement climatique, les perturbations géopolitiques des routes commerciales, la persistance des menaces sanitaires animales ainsi que la hausse du coût du financement pèsent désormais sur les performances futures. Dans ce contexte, la compétitivité du secteur dépendra moins de la seule croissance des volumes que de la capacité des acteurs à sécuriser leurs approvisionnements, ajuster leurs formulations nutritionnelles et améliorer leur résilience face aux chocs extérieurs.

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