Diplomatie hydrique : Le Cameroun enclenche son plan national pour appliquer la Convention de l’ONU sur l’eau
Réuni le 28 avril 2026 à Yaoundé sous la présidence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le lancement du processus d’élaboration du Plan national de mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur l’eau marque une nouvelle étape dans la stratégie camerounaise de gouvernance hydrique. Cette initiative s’accompagne d’un atelier régional sur la gestion intégrée des eaux transfrontalières en Afrique centrale, avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux.

Le Cameroun veut renforcer son positionnement dans la diplomatie de l’eau. À Yaoundé, l’Hilton Hôtel a servi de cadre à une rencontre de haut niveau consacrée au démarrage du processus d’élaboration du Plan national de mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur l’eau. Cette convention, qui encadre la coopération entre États autour des ressources hydriques partagées, constitue un levier important pour la prévention des conflits, la gestion durable des bassins transfrontaliers et l’amélioration de l’accès à l’eau. En parallèle, un atelier régional de renforcement des capacités sur la gestion intégrée des eaux transfrontalières en Afrique centrale a également été ouvert, réunissant experts, diplomates et partenaires techniques.
Plusieurs responsables d’institutions régionales et internationales ont pris la parole pour saluer l’engagement du Cameroun. Le commissaire de la CEEAC en charge de l’Environnement, Maxime Nzita Nganga Di Mavambu, a insisté sur l’urgence d’une gouvernance collective des ressources hydriques dans une sous-région confrontée à de fortes pressions environnementales. Même tonalité du côté des Nations Unies, où Sonja Koeppel, secrétaire de la Convention sur l’eau, a souligné l’importance de l’adhésion des États aux mécanismes internationaux favorisant une gestion concertée des ressources partagées.
La représentante résidente adjointe du système onusien, Juliette Haenni, a, pour sa part, mis l’accent sur le développement des compétences techniques et institutionnelles, condition essentielle à une coopération efficace entre pays riverains. L’Union européenne, représentée par Sébastien Dibling, a réaffirmé sa disponibilité à soutenir les réformes et initiatives liées à la gouvernance durable de l’eau au Cameroun et en Afrique centrale.
Au nom du gouvernement camerounais, le ministère des Relations extérieures a également marqué son implication, à travers son secrétaire général Oumarou Chimoun. Prenant la parole en clôture, le ministre Gaston Eloundou Essomba a replacé la question de l’eau dans une perspective diplomatique et stratégique. Pour lui, les ressources hydriques partagées doivent être considérées comme des espaces de coopération plutôt que de rivalité.
Il a rappelé que, dans la vision du président Paul Biya, les fleuves et les lacs constituent des passerelles de fraternité entre les peuples. Face à la pression croissante sur les ressources naturelles, le membre du gouvernement a plaidé pour une approche concertée, seule capable d’assurer un accès équitable et durable à l’eau. Avec cette initiative, le Cameroun entend consolider son engagement en faveur d’une gestion intégrée des eaux, fondée sur la coopération régionale, le droit international et la solidarité entre États.



