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Électricité au Cameroun : Socadel démarre sous tension avec une nouvelle équipe dirigeante

Issue de la transformation d’Eneo, la Société camerounaise d’électricité entame son existence avec un trio expérimenté à sa tête. Mais entre déficit chronique, dette élevée et qualité de service contestée, les défis s’annoncent immédiats et décisifs.

La Société camerounaise d’électricité (Socadel) a officiellement lancé ses activités avec la mise en place de son premier organe dirigeant. Réuni pour la première fois, le conseil d’administration a confié sa présidence à Antoine Ntsimi, figure bien connue des sphères économiques et financières du pays. À la direction générale, Oumarou Hamandjoda prend les rênes, épaulé par Jean Basile Ekobena au poste de directeur général adjoint. Cette nouvelle gouvernance s’inscrit dans un contexte de refondation du secteur électrique, marqué par de fortes attentes des pouvoirs publics et des usagers. Lors de l’installation de l’équipe, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a appelé à une transformation en profondeur, évoquant la nécessité d’un changement de cap dans la gestion et les performances de l’entreprise.

Le choix des dirigeants traduit une volonté de s’appuyer sur des profils expérimentés. Le nouveau directeur général, Oumarou Hamandjoda, cumule plus de deux décennies dans les secteurs de l ენერგie et de la finance, avec des passages dans des institutions internationales, l’administration publique et l’industrie. À ses côtés, Jean Basile Ekobena apporte une longue expérience technique acquise au fil de sa carrière dans l’électricité au Cameroun. Cette complémentarité entre expertise stratégique et maîtrise opérationnelle devra rapidement produire des résultats, tant les attentes sont élevées.

Dès sa naissance, Socadel hérite d’un lourd passif. Les chiffres communiqués par les autorités révèlent un déséquilibre structurel entre les recettes et les charges, avec un déficit mensuel estimé à plusieurs milliards de FCFA. À cela s’ajoute une dette importante qui limite les capacités d’investissement de l’entreprise. Cette fragilité financière se répercute directement sur la qualité du service. Les coupures fréquentes, les fluctuations de tension et les perturbations de la distribution continuent d’affecter les ménages comme les entreprises, en particulier dans les zones industrielles.

Pour inverser la tendance, le gouvernement mise sur un ensemble de mesures articulées autour du refinancement de la dette, du recouvrement des créances publiques et de la réduction des coûts d’exploitation. L’objectif est de restaurer progressivement les équilibres financiers tout en améliorant la performance du réseau. La lutte contre la fraude et les pertes techniques constitue également un axe majeur, avec des montants considérables en jeu chaque année. En parallèle, des investissements sont attendus pour renforcer les infrastructures et accompagner la demande croissante en électricité.

Au-delà des questions financières, le secteur reste confronté à des défis techniques importants. Le déficit hydrique affecte la production, tandis que certaines infrastructures de transport d’électricité arrivent à saturation, limitant la stabilité de l’approvisionnement. Dans ce paysage complexe, la nouvelle équipe dirigeante devra naviguer avec précision, entre urgences opérationnelles et réformes de fond. L’amélioration durable de l’offre électrique apparaît désormais comme un levier essentiel, à la fois pour le bien-être des populations et pour la compétitivité de l’économie camerounaise.

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