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Financement des entreprises : Les PME camerounaises paient encore près de deux fois plus cher leur crédit que les grandes entreprises

Le coût du crédit bancaire s’est légèrement détendu pour les petites et moyennes entreprises camerounaises au quatrième trimestre 2025. Leur taux effectif global moyen est descendu à 11,43 %, contre 12 % un an auparavant. Mais cette amélioration ne suffit pas à réduire fortement le désavantage des PME face aux grandes entreprises, dont le coût moyen du financement s’établit à 6,72 %. L’écart reste ainsi supérieur à quatre points, révélant des conditions de financement toujours très différenciées selon la taille des emprunteurs.

Le crédit bancaire camerounais demeure marqué par une forte prime appliquée aux PME. Les dernières données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) montrent qu’au quatrième trimestre 2025, le taux effectif global (TEG) moyen des petites et moyennes entreprises s’est établi à 11,43 %, contre 6,72 % pour les grandes entreprises. Le différentiel atteint 4,71 points de pourcentage. Il s’est certes réduit par rapport au quatrième trimestre 2024, lorsqu’il atteignait 5,17 points, mais reste suffisamment important pour peser sur la capacité des PME à financer leur développement. Sur un an, le TEG des PME a reculé de 0,57 point, alors que celui des grandes entreprises n’a diminué que de 0,11 point.

Une détente qui ne gomme pas la prime de risque

Cette évolution doit être lue avec prudence. La baisse du TEG constitue un signal de détente, mais elle ne signifie pas nécessairement que les conditions de financement des PME sont devenues favorables. Le TEG intègre en effet l’ensemble du coût supporté par l’emprunteur, au-delà du seul taux d’intérêt. Au quatrième trimestre 2025, le taux nominal moyen appliqué aux PME atteignait 8,35 %, contre 5,32 % pour les grandes entreprises. L’écart de coût existait donc avant même l’ajout des commissions et autres frais bancaires. Ces derniers accentuent ensuite la différence. Les charges annexes représentaient 26,89 % du TEG des PME, contre 20,77 % pour les grandes entreprises. La structure du financement traduit ainsi une double pénalisation pour les PME : un taux de base plus élevé et un poids proportionnellement supérieur des frais.

Le financement de la trésorerie reste particulièrement coûteux

La pression est encore plus visible sur les crédits destinés à couvrir les besoins de trésorerie, hors découverts et effets escomptés. Le TEG moyen atteignait 13,82 % pour les PME au quatrième trimestre 2025, contre 6,84 % pour les grandes entreprises. L’écart atteint ici 6,98 points, contre 6,81 points un an plus tôt. Autrement dit, la baisse du coût moyen du crédit observée pour les PME n’a pas concerné toutes les catégories de financement avec la même intensité. Cette situation est importante pour l’analyse du tissu productif camerounais. Les PME disposent généralement de marges financières plus limitées et sont davantage exposées aux tensions de trésorerie. Un coût élevé du financement de court terme peut donc réduire leur capacité à absorber les décalages entre encaissements et décaissements, financer leurs stocks ou honorer leurs engagements commerciaux.

Une anomalie sur les crédits à moyen terme

Les données de la BEAC font toutefois apparaître une évolution atypique sur les crédits à moyen terme. Entre le quatrième trimestre 2024 et celui de 2025, le TEG moyen des PME est passé de 13,80 % à 11,15 %, soit une baisse de 2,65 points. Dans le même temps, celui des grandes entreprises a progressé de 8,28 % à 11,79 %. Sur cette seule catégorie de financement et cette période, les grandes entreprises ont donc affiché un coût moyen supérieur de 0,64 point à celui des PME. Cette inversion montre que la taille de l’entreprise ne suffit pas, à elle seule, à expliquer les conditions de crédit. La maturité, la nature du projet financé, les garanties proposées, le profil de risque de l’emprunteur et les conditions négociées avec les banques peuvent également modifier fortement le coût final.

Les grandes entreprises continuent de capter l’essentiel des nouveaux crédits

L’écart de prix s’accompagne d’un déséquilibre beaucoup plus important en matière de volumes. Les banques ont accordé 1 236 milliards de FCFA de nouveaux crédits aux grandes entreprises au quatrième trimestre 2025, contre 376,1 milliards aux PME. Les grandes entreprises ont ainsi capté environ 3,3 fois plus de nouveaux financements. Elles représentent 64,3 % des nouveaux concours bancaires distribués au cours du trimestre, contre 19,56 % pour les PME. Cette concentration ne signifie cependant pas que le crédit aux grandes entreprises progresse plus rapidement. Leur volume de nouveaux financements a reculé de 5,32 % sur un an, tandis que celui des PME a légèrement augmenté, de 0,98 %.

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