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Finances internationales : Washington consolide la confiance autour de l’économie camerounaise

Présent aux Réunions de printemps 2026 du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale, le Cameroun a défendu ses priorités économiques et présenté plusieurs projets structurants. Entre financements attendus pour les infrastructures, plaidoyer pour un nouveau partenariat avec le FMI et reconnaissance de la stabilité macroéconomique du pays, la délégation conduite par Louis Paul Motaze et Alamine Ousmane Mey revient avec des signaux jugés encourageants.

Du 13 au 18 avril 2026, Washington a accueilli les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, rendez-vous majeur de la gouvernance économique internationale. Le Cameroun y a pris part avec une délégation de haut niveau conduite par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey.

Aux côtés de l’ambassadeur du Cameroun aux États-Unis, Henri Etoundi Essomba, ainsi que de plusieurs experts des administrations économiques et financières, les responsables camerounais ont multiplié les rencontres avec les institutions de Bretton Woods, les partenaires bilatéraux et des investisseurs privés. La participation de Louis Paul Motaze à la 53e session du Comité monétaire et financier international, principal organe d’orientation du FMI, a illustré la place du Cameroun dans les débats économiques régionaux et internationaux.

Parmi les dossiers défendus à Washington, le corridor Douala-Bangui a occupé une position centrale. Considéré comme un axe stratégique pour les échanges en Afrique centrale, ce projet pourrait bénéficier d’un appui de la Banque mondiale estimé à près de 350 millions de dollars, soit environ 210 milliards de FCFA, pour la modernisation du tronçon Douala-Yaoundé-Bonis. Une mission technique de pré-évaluation, conduite début avril, prépare déjà l’examen du projet par les instances de l’institution prévu en juin prochain.

Pour le gouvernement camerounais, cet investissement constitue un levier important pour renforcer l’intégration sous-régionale et soutenir la croissance. D’autres programmes ont également retenu l’attention des partenaires, notamment le Compact national sur l’énergie, inscrit dans l’initiative Mission 300 de la Banque mondiale pour l’accès à l’électricité en Afrique. Le Water Compact et le programme AgriConnect, orientés respectivement vers l’eau et le développement agricole, complètent cet agenda de transformation.

Face aux bailleurs et investisseurs, le ministre des Finances a insisté sur les progrès réalisés dans la gestion des finances publiques, la maîtrise de la dette et la consolidation de la stabilité macroéconomique. Le programme conclu avec le FMI, arrivé à échéance en juillet 2025, a servi de référence dans les discussions. Louis Paul Motaze a défendu l’idée d’un futur accord davantage aligné sur les priorités sociales du pays, notamment la création d’emplois pour les jeunes et l’accélération des infrastructures publiques. Le ministre a également rappelé le rôle central du Cameroun dans l’équilibre économique de la CEMAC, soulignant que le pays représente une part majeure des réserves extérieures et du produit intérieur brut de la sous-région.

Le FMI a reconnu la solidité relative de l’économie camerounaise malgré les chocs extérieurs successifs et les tensions liées au contexte post-électoral. L’institution prévoit une croissance de 3,3 % en 2026, après un ralentissement à 3,1 % en 2025. Les perspectives demeurent toutefois plus favorables à moyen terme, avec une progression attendue à 3,8 % en 2027 puis à 4,6 % dans les années suivantes, à condition que les réformes structurelles engagées soient poursuivies. Au-delà des chiffres, Yaoundé cherchait surtout à rassurer sur sa capacité à maintenir le cap dans un environnement international incertain. Le message semble avoir été entendu.

En marge des sessions officielles, la délégation camerounaise a poursuivi un intense travail de diplomatie économique auprès d’acteurs régionaux et d’investisseurs privés. L’objectif était clair : sécuriser de nouveaux financements pour les secteurs clés comme l’énergie, les infrastructures et la protection sociale. Alamine Ousmane Mey, également président des Groupes consultatifs africains du FMI et de la Banque mondiale, a utilisé cette position pour porter les priorités du Cameroun et plus largement celles du continent. À l’issue de cette séquence diplomatique, Yaoundé repart avec des engagements renouvelés et une crédibilité internationale consolidée, dans l’espoir de transformer ces promesses en résultats concrets sur le terrain.

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