Grandes fortunes : Les ultra-riches progresseront en Afrique, mais moins vite qu’ailleurs
Le continent africain devrait compter davantage de grandes fortunes au cours des cinq prochaines années. Selon les projections du cabinet britannique Knight Frank, le nombre de particuliers disposant d’au moins 30 millions de dollars augmentera de 15 % d’ici 2031. Une progression réelle, mais inférieure à celle attendue dans d’autres régions du monde, où la technologie et l’intelligence artificielle accélèrent fortement l’enrichissement.

L’Afrique comptera davantage de particuliers ultra-fortunés dans les prochaines années, mais sans véritable bond spectaculaire. D’après le rapport The Wealth Report 2026 publié par le cabinet de conseil immobilier Knight Frank, le nombre de personnes possédant au moins 30 millions de dollars sur le continent passera de 7 322 en 2026 à 8 412 en 2031. Cette évolution représente une progression de près de 15 %, un rythme jugé relativement modeste comparé à d’autres régions du globe.
En conséquence, la part de l’Afrique dans la population mondiale des « Ultra High Net Worth Individuals » (UHNWI) devrait légèrement reculer, passant de 1 % à 0,9 % sur la même période. Cette baisse relative s’explique par la forte accélération attendue ailleurs, notamment en Amérique du Nord, où la croissance des ultra-riches devrait atteindre 53 %, contre 32,1 % au Moyen-Orient et 24,2 % dans la zone Asie-Pacifique.
Le nombre de milliardaires africains suivra la même tendance. Après être passé de 18 en 2021 à 27 en 2026, il devrait atteindre 37 en 2031, soit une progression de 37 % en cinq ans. L’Afrique du Sud reste la principale locomotive du continent. Le pays devrait voir sa population de milliardaires passer de 10 à 14 personnes sur la période, enregistrant ainsi une hausse de 40 %. Cette performance lui permet de figurer parmi les quinze pays au monde affichant les perspectives les plus favorables sur ce segment. Malgré cette dynamique, la part de l’Afrique dans le nombre total de milliardaires mondiaux devrait rester stable à seulement 0,9 %, illustrant le poids encore limité du continent dans la concentration mondiale des grandes fortunes.
À l’échelle internationale, la richesse se concentre de plus en plus rapidement. Le nombre de particuliers possédant plus de 30 millions de dollars est passé de 551 435 en 2021 à 713 626 en 2026, soit plus de 162 000 nouveaux ultra-riches en cinq ans. Les États-Unis captent à eux seuls 41 % de cette progression, renforçant encore leur domination mondiale.
Leur poids dans cette catégorie est passé de 33 % à 35 %, et pourrait atteindre 41 % d’ici 2031. Knight Frank explique cette accélération par l’essor spectaculaire du secteur technologique, notamment celui de l’intelligence artificielle. Selon Liam Bailey, directeur de la recherche du cabinet, les opportunités de bâtir rapidement de très grandes fortunes n’ont jamais été aussi importantes.
Le nombre mondial de milliardaires devrait ainsi passer de 3 110 en 2026 à 3 915 en 2031. L’Asie-Pacifique reste aujourd’hui la première zone de concentration, devant l’Amérique du Nord et l’Europe, confirmant que la nouvelle géographie de la richesse mondiale se dessine largement autour de l’innovation technologique.



