A la UneInfrastructures

Infrastructures hydrauliques : La CAMWATER renforce l’offre d’eau potable à Douala avec 20 000 m³ supplémentaires par jour

La capacité de production d’eau potable de Douala commence à bénéficier du déploiement du projet d’extension et de réhabilitation de la station de Japoma. Une première mise en service technique permet désormais de mobiliser 20 000 m³ supplémentaires par jour, sur les 68 000 m³/jour attendus de la nouvelle unité. Cette montée en puissance doit progressivement réduire les tensions sur plusieurs secteurs du réseau, alors que la métropole économique reste confrontée à une demande croissante.

La CAMWATER vient de franchir un jalon technique dans le renforcement de l’approvisionnement en eau potable de Douala. Le 26 septembre 2026, le Directeur Général de l’entreprise publique, le Dr Blaise Moussa, s’est rendu sur le site de Japoma afin d’évaluer l’état des installations et les conditions nécessaires à leur exploitation. La mise en service partielle du captage Chenal/SP5 constitue le principal résultat de cette opération. Elle permet de rendre disponibles 20 000 m³ d’eau supplémentaires quotidiennement. Il s’agit d’une capacité intermédiaire, puisque la nouvelle usine doit, à terme, apporter 68 000 m³/jour. Une fois l’ensemble du dispositif opérationnel, le site de Japoma devrait atteindre une capacité globale de production de 123 000 m³/jour. Cette progression est importante moins par son volume isolé que par son effet attendu sur l’équilibre entre production et demande. Dans une agglomération dont l’extension urbaine s’accompagne d’une hausse des besoins domestiques, industriels et commerciaux, chaque tranche additionnelle de production contribue à desserrer la contrainte pesant sur le réseau.

Plusieurs pôles urbains ciblés

L’augmentation de la production doit notamment profiter aux réseaux Est et Nord de Douala. Les zones de Japoma, Yassa, Nyalla, Ndogotti, Oyack, Logbessou, Ndogpassi et Dakar figurent parmi les secteurs concernés. La desserte devrait également être renforcée vers Logpom, Nkolmbong, Mbanga Bakoko, les quartiers situés entre le PK8 et le PK14 ainsi que la zone industrielle de Bassa. À l’ouest et au nord-ouest de la métropole, les effets recherchés concernent notamment Ndobo, Ndogbong, la Cité des Palmiers, Beedi, Makèpè, Bonamoussadi et Malangue. L’enjeu dépasse donc la seule augmentation de la production. L’eau supplémentaire devra effectivement parvenir aux zones déficitaires. C’est pourquoi les prochaines étapes portent autant sur les infrastructures de transport et de stockage que sur les équipements de production.

Le défi se déplace vers le réseau

La disponibilité de 20 000 m³/jour constitue une avancée, mais elle ne garantit pas mécaniquement une amélioration uniforme de la desserte. Les équipes techniques doivent encore sécuriser les conduites destinées notamment au transfert vers Bassa. Des diagnostics, des essais sous pression et la mise en service du bypass sont prévus pour vérifier leur capacité à absorber les nouveaux volumes. La question énergétique constitue un autre point critique. La continuité de l’alimentation électrique devra être assurée, tandis que les équipes de la CAMWATER doivent disposer des paramètres nécessaires à l’exploitation et à la maintenance des groupes électrogènes de secours. Cette exigence illustre un principe bien connu des opérateurs : augmenter la capacité nominale d’une usine ne suffit pas si les infrastructures situées en aval restent contraintes. La performance finale dépendra donc de la fiabilité de toute la chaîne, du captage jusqu’au consommateur.

L’exploitation durable comme prochaine bataille

La CAMWATER veut également sécuriser le transfert des compétences avant la clôture du chantier. L’entreprise demande la remise de la documentation technique complète, des schémas d’exploitation et la formation de ses agents. L’objectif est de limiter la dépendance à l’entreprise prestataire une fois les ouvrages réceptionnés. La vérification de la disponibilité des réservoirs et la consolidation des métrés et réserves figurent aussi parmi les priorités avant la clôture de la première phase, dans le respect du cadre contractuel FIDIC. Parallèlement, l’entreprise entend préparer la suite du programme. Celle-ci comprend notamment la poursuite des actions sociales autour de la deuxième phase, l’ouverture de la nouvelle agence commerciale de Dibamba et le projet de traversée de la Dibamba par pont-tuyau pour desservir la zone industrielle.

Une capacité supplémentaire à convertir en service

Pour Douala, le véritable indicateur de réussite sera finalement la régularité de l’eau disponible au robinet. Les 20 000 m³/jour nouvellement mobilisés constituent une première réserve de capacité qui devra désormais être convertie en amélioration tangible de la desserte. Avec l’objectif de porter progressivement Japoma à 123 000 m³/jour, la CAMWATER dispose d’un levier important pour accompagner l’expansion de la capitale économique. Mais la réussite du programme dépendra de la synchronisation entre production, énergie, transport, stockage, maintenance et extension du réseau. C’est à cette condition que l’investissement hydraulique pourra produire un effet durable sur les ménages comme sur les activités économiques de Douala.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

9 * 3 = ?
Recharger

Veuillez saisir les caractères affichés dans le CAPTCHA pour vérifier que vous êtes humain.

Bouton retour en haut de la page