Marchés mondiaux : Énergie et métaux en surchauffe, la Banque mondiale anticipe une année 2026 agitée
Dans son dernier rapport sur les marchés des matières premières, la Banque mondiale table sur une nette progression des prix en 2026, portée par les tensions géopolitiques et les perturbations logistiques. Si l’énergie et les métaux devraient flamber, les produits agricoles afficheraient une évolution plus contrastée.

L’année 2026 s’annonce comme un millésime sous haute pression pour les marchés internationaux. Selon les projections de la Banque mondiale, les prix globaux des matières premières pourraient grimper d’environ 16 %, tirés principalement par l’envolée des coûts énergétiques et des intrants industriels. En toile de fond, les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement, créant un effet domino sur l’ensemble des marchés. L’institution souligne toutefois que ces tensions relèvent davantage de blocages temporaires que d’un manque structurel de ressources. Autrement dit, le monde ne manque pas de matières premières, mais leur circulation reste entravée.
Le secteur énergétique concentre l’essentiel des hausses attendues. Les prix devraient bondir de près d’un quart en 2026, atteignant des niveaux inédits depuis plusieurs années. Le pétrole, en particulier, reste sous pression après les perturbations du transport maritime dans des zones stratégiques. Le baril de Brent pourrait ainsi s’établir autour de 86 dollars en moyenne. Le gaz naturel en Europe suit une trajectoire similaire, alimentée par une compétition accrue pour l’accès au gaz naturel liquéfié. Le charbon, quant à lui, profite d’un effet de substitution, certaines économies se tournant vers cette ressource pour compenser la rareté du gaz.
Les métaux industriels et précieux devraient également connaître une envolée significative. La demande mondiale, stimulée par la transition énergétique, les véhicules électriques et l’expansion des centres de données, exerce une pression croissante sur l’offre. L’aluminium, le cuivre et le nickel pourraient atteindre des niveaux record, tandis que les métaux précieux s’inscrivent dans une dynamique encore plus spectaculaire. L’or, valeur refuge par excellence, devrait fortement progresser, tout comme l’argent et le platine, dopés par leur double rôle industriel et financier.
Contrairement à l’énergie et aux métaux, les produits agricoles afficheraient une relative stabilité. Les prix alimentaires ne devraient progresser que légèrement, grâce à des stocks mondiaux de céréales jugés confortables. Certaines filières pourraient néanmoins connaître des tensions spécifiques. Les huiles végétales, utilisées notamment dans les biocarburants, devraient enregistrer des hausses modérées. À l’inverse, des produits comme le cacao et le café pourraient voir leurs prix reculer sensiblement après des pics récents.
Malgré ces prévisions, l’incertitude demeure élevée. La Banque mondiale insiste sur le fait que l’évolution des prix dépendra largement de la durée et de l’intensité des tensions géopolitiques. Une aggravation de la situation pourrait propulser les cours du pétrole bien au-delà des niveaux anticipés. Dans ce contexte, les marchés des matières premières avancent sur une ligne de crête, oscillant entre espoirs de stabilisation et risques de nouvelles secousses. Une chose est certaine : 2026 ne sera pas une année de calme pour l’économie mondiale.



