Conjoncture

Milly Nadège FOKAM : Elle ouvre la voie aux investisseurs de la diaspora camerounaise

Il y a des messages que l’on porte une fois, dans une interview ou une conférence, et que l’on range ensuite. Et il y a ceux que l’on répète inlassablement, parce qu’on les sait vitaux et encore trop peu entendus. Pour Milly Nadège FOKAM, ce message tient en une phrase qu’elle adresse sans relâche à ses compatriotes de la diaspora : ce pays ne se construira pas sans nous.

Elle le dit avec la légitimité de celle qui a vécu, dans sa propre chair entrepreneuriale, tout ce que cette phrase implique de difficultés. Avant de trouver la formule qui fonctionne, elle a connu trois investissements infructueux au Cameroun. Trois échecs, trois recommencements, avant qu’un quatrième essai ne pose enfin les bases solides sur lesquelles reposent aujourd’hui PROMILLYS et l’ensemble de son écosystème entrepreneurial camerounais. Entre temps, elle a subi des vols, des actes de sabotage, des intimidations, des suspicions injustifiées. Des épreuves qui auraient pu, légitimement, la convaincre de tourner définitivement le dos à l’investissement dans son pays d’origine.

Elle ne l’a pas fait. Et c’est précisément cette expérience, transformée en méthode, qu’elle met aujourd’hui à disposition de ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Car Milly Nadège FOKAM ne se contente pas d’encourager la diaspora à investir au Cameroun dans l’absolu. Elle ouvre concrètement la voie, en partageant les trois piliers qui, selon son expérience, permettent de sécuriser un projet d’investissement dans ce contexte. Un recrutement qui ne s’arrête jamais au seul curriculum vitae, mais qui évalue la motivation, l’engagement et les valeurs réelles de chaque collaborateur. Une rigueur administrative et organisationnelle sans le moindre compromis. Et un entourage soigneusement choisi, ne fait de personnes de confiance, compétentes et bien connectées, capables d’agir efficacement quand la situation l’exige.

Ce discours, elle ne le tient pas seulement dans les médias. Elle le porte dans les cercles internationaux, les conférences de la diaspora, les réunions où se croisent celles et ceux qui envisagent, un jour, de faire le pas qu’elle a elle-même fait. Un discours volontairement sans concession sur les obstacles réels, la complexité administrative, l’insécurité juridique, les mentalités parfois encore réticentes à considérer l’investisseur diasporique comme un partenaire à part entière plutôt qu’une opportunité à exploiter. Mais un discours tout aussi ferme sur la nécessité, malgré tout, de s’engager.

Car pour Milly Nadège FOKAM, la diaspora camerounaise représente un vivier de compétences, d’expériences internationales et de ressources financières considérable, encore trop peu mobilisé au service du développement du pays. Elle refuse l’idée que cette réalité soit une fatalité. C’est un défi collectif, qu’elle a personnellement choisi de relever, et qu’elle invite chacun de ses compatriotes établis à l’étranger à relever à son tour, à sa mesure, avec ses propres moyens.

Ouvrir la voie, pour elle, ne signifie pas seulement inspirer par l’exemple. Cela signifie aussi interpeller directement les autorités camerounaises sur leur part de responsabilité dans l’attractivité du pays pour ses investisseurs diasporiques. Créer un climat plus serein. Mettre en place des mécanismes institutionnels qui fluidifient et sécurisent réellement l’investissement. Protéger concrètement ceux qui font le choix courageux de revenir investir dans leur pays d’origine, comme le font d’autres nations qui ont su chouchouter leur diaspora par des dispositifs fiscaux et administratifs attractifs.

Au fond, ce que Milly Nadège FOKAM propose à ses compatriotes, ce n’est ni une promesse facile, ni un discours désincarné. C’est un chemin balisé par son propre parcours, ses propres échecs, ses propres victoires. Une voie qu’elle a ouverte à la force de la persévérance, et qu’elle continue d’élargir, un investisseur convaincu à la fois.

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